Découvrez nos coups de cœur du festival Séries Mania

Le festival lillois fait la part belle aux séries depuis huit jours, et ce jusqu’au 30 mars. Drame, comédie, thriller, fantastique… Séries Mania propose une belle diversité sérielle dont voici notre sélection.

© ARTE

La Dernière Vague

Dans une petite ville balnéaire française, la vie bat son plein entre compétitions de surf et petits drames familiaux. Mais une menace plane dans le ciel : un énorme nuage de la forme d’une vague surplombe la mer. Lors d’une après-midi de surf, le nuage tombe sur la mer emportant avec lui onze surfeurs… qui réapparaissent magiquement cinq heures plus tard. Ils ne se souviennent de rien et commencent à développer des aptitudes physiques étranges.

Créée par Sophie Hiet et Alexis Le Sec, La Dernière Vague (France 2) a le mérite d’être une série high concept, un genre que l’on a peu l’habitude de voir sur le petit écran français. En y intégrant la dimension du réchauffement climatique, le show entre en résonance avec l’actualité d’une façon très intelligente. À la vision des deux premiers épisodes, on pense immédiatement à d’autres séries du genre comme Les 4400, Les Revenants ou encore The Leftovers qui, de leurs aveux, a énormément inspiré les créateurs. Comme dans cette excellente série de Damien Lindelof, l’intrigue se centre sur les personnages et la façon dont le nuage les touche, plutôt que sur l’analyse de cet événement mi-climatique, mi-mystique. La Dernière Vague est aussi une série-chorale : on suit la vie de plusieurs familles incarnées, entres autres, par David Kammenos, Marie Dompnier, Arnaud Binard, Lola Dewaere et Isabel Otéro. Présentée en compétition française, La Dernière Vague a clairement toutes ses chances.

The Virtues

© ITVGE

L’enthousiasme des critiques est assez général pour ce show de Shane Meadows (This is England) présenté en compétition officielle. En quatre épisodes, The Virtues (Channel 4) raconte l’histoire de Joseph, un ouvrier fauché qui noie sa dépression dans l’alcool. Après le départ de son fils pour l’Australie, il décide de se replonger dans son passé qui semble lui avoir laissé de graves traumatismes.

The Virtues ne serait rien sans la performance incroyable de Stephen Graham. Filmé de façon brute, presque documentaire, le show oscille entre grosses vagues d’émotion et suspense latent : qu’est-il arrivé à Joseph durant son enfance ? Et si la longueur de certaines scènes a pu en décourager plus d’un (on a malheureusement vu quelques personnes partir pendant la projection), notre patience est vite récompensée par les nombreux indices disséminés tout au long des deux premiers épisodes : la croix dans le titre de la série, l’Irlande du Nord, l’orphelinat, et une référence à la pédophilie. On comprends vite où Shane Meadows veut nous emmener, et on reste pour les scènes de vie criantes de vérité, et le jeu de Graham et Helen Behan, présente lors de la projection de la série. 

Mytho

Elvira est la représentation parfaite de ce que l’on appelle aujourd’hui « la charge mentale ». Mère de famille, elle s’occupe de son mari et de ses trois enfants jusqu’à s’oublier elle-même. Entre un job alimentaire pourri, les courses au supermarché, les tâches ménagères et la gestion des horaires de tout le monde, Elvira étouffe. Elle invente alors un énorme mensonge : elle fait croire à son entourage qu’elle a une tumeur… et son quotidien s’inverse : son mari la regarde à nouveau et ses enfants la respectent enfin.

Réalisée par Fabrice Gobert (Les Revenants), Mytho (Arte) a tout pour réussir : une esthétique léchée, un humour fin et des personnages archétypes complètement assumés. On est tout de suite emporté dans l’histoire de cette famille cinglée vivant dans un lotissement dont l’esthétique renvoie directement à Desperate Housewives. Dans une attitude aussi cruche que touchante, Marina Hands incarne à la perfection le rôle d’Elvira. En assumant complètement son côté absurde, Mytho devient finalement totalement crédible. Entre drame et comédie, cette série a séduit notre cœur de sériephile.

Chimerica

Contraction des mots “Chine“ et “Amérique“, Chimerica (Channel 4) nous emmène dans une enquête journalistique et géopolitique passionnante. Tout commence avec une photo qui a fait le tour du monde : celle de l’homme de Tian’anmen, pris en photo en 1989 par un photo-journaliste depuis sa chambre d’hôtel et devenu un symbole de résistance. En partant de ce fait réel, la scénariste Lucy Kirkwood (autrice de la pièce de théâtre du même nom) invente l’histoire de ce journaliste devenu célèbre et travaillant pour un gros quotidien new-yorkais. Mis à l’écart suite à une énorme faute professionnelle, il part à la recherche de l’homme de Tian’anmen, resté anonyme.

Entre les États-Unis et la Chine, Chimerica est une ode à la démocratie. En choisissant la campagne électorale américaine de 2016 comme toile de fond, la série décrypte les relations géopolitiques entre la Chine et les États-Unis, et comment ces deux pays mettent en danger, chacun à leur manière, la démocratie, les libertés individuelles et la liberté de la presse. Inspirée par le cinéma des années 70, Kirkwood distille ses références tout au long des épisodes dont l’esthétique rappelle à certains égards All The President Men. Comme ce film entré dans la légende, Chimerica est une grande série sur le journalisme. Et en ces temps troublés, c’est plus que nécessaire.

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