The Blaze à l’AB : comme dans un film

Couronné aux Victoires de la Musique, le duo électro a rempli l’Ancienne Belgique ce lundi. Moustique était dans la place. 

theblaze

Grosse effervescence ce lundi 11 mars sur les abords du boulevard Anspach. Objet du buzz et fort justement récompensé aux 34e Victoires de la Musique dans la catégorie du Meilleur Album de Musiques Électroniques pour leur premier long format « Dancehall » paru l’automne dernier, The Blaze jouait à guichets fermés à l’Ancienne Belgique. On commence par le gros bémol, hélas trop souvent inhérent à ce genre de phénomène. Ce concert de lundi était, dans sa forme du moins, en tous points identique à celui donné au Pukkelpop en août dernier et à celui que nous avions vu au Palais 12 en novembre 2017 dans le cadre des PIAS Nites.

Esthétique léchée

Producteurs et compositeurs, les cousins Jonathan et Guillaume Alric sont aussi cinéastes. Entourés de leur impressionnante structure d’écrans triangulaires qui s’ouvrent et se referment (avec générique de fin comme à la Metro Goldwin Mayer), le duo mise tout sur la poésie, l’émotion et l’esthétisme. Chez eux, il n’y a aucune séparation entre la musique et l’image. Le spectacle que The Blaze donne à voir est un film, voire un long clip. Et même quand on le regarde pour la troisième fois de suite, ça reste un beau film.

Mélange aussi accessible qu’hypnotisant de pop, de deep house et de house, leur musique touche les sens et fait bouger les corps. Heaven, Juvenile, Faces, She et bien sûr Territory qui a mis le feu aux poudres dès 2016 (le clip avait remporté un UK Video music Award)… Les titres de leurs chansons sonnent comme autant de slogans hédonistes. Des textes positifs pour une musique positive, apaisante, dansante et contemplative même si on devine derrière une machine bien huilée où rien ne dépasse.

Poussées par une voix soul bourrée d’effets, leurs compositions s’appuient sur d’incessantes montées en crescendo. Ajoutez à ce climax de subtils jeux d’ombres chinoises, des lasers qui tournoient dans la salle et ces paysages suggestifs (la mer, le soleil, des filles dans les fougères) et vous avez une production particulièrement léchée évoquant les longs métrages « façon MTV » d’Adrian Lyne, Leos Carax ou Russel Mulcahy. Pour la dimension live et la spontanéité (même leur « Bonsoir Bruxelles, nous sommes ravis d’être là ce soir » semblait téléphoné), il faudra aller voir ailleurs.

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