Quand Slash se lâche au Cirque Royal

Le guitariste des Guns N’ Roses  a offert ce samedi un grand concert rock and roll avec Myles Kennedy And The Conspirators.

Slash photo Benoît Bouchez.jpg

Première bonne surprise ce samedi 23 février dans un Cirque Royal archi sold-out : les premiers rangs étaient garnis de très jeunes filles et garçons, tous vêtus de l’obligatoire t-shirt à l‘effigie de leur idole. Une preuve que le (hard-) rock séduit encore la nouvelle génération. Cool. Après avoir blindé la plaine de Werchter en 2017 et celle du Graspop l’année dernière avec la tournée mondiale de reformation de Guns N’ Roses, Slash taille désormais la route avec son projet Slash Featuring Myles Kennedy And The Conspirators en se produisant dans des salles de capacité moyenne. Et pour les fans du genre musical, voir en formule club le dernier guitar hero digne de ce nom à quelques mètres de soi sans barrières de sécurité, sans écran et dans des conditions techniques parfaites fait partie de ces petits plaisirs coupables qui ne se refusent pas. 

Night Train

Au menu de la setlist de ce samedi : le répertoire issu des trois albums enregistrés par Slash avec Kennedy et les Conspirators, des extraits de ses disque solo (dont le génial Back From Cali qui n’a pas pris une ride) et, pour que les fans des Guns ne repartent pas déçus, un Nightrain (hommage à la marque américaine de whisky bon marché plutôt qu’à un hypothétique train de nuit) de derrière les fagots livré en fin de concert.

L’hommage à Lemmy de Mötörhead

Autant l’écrire tout de suite. C’est le meilleur concert « hors Guns » que nous ayons vu de Slash. On aurait pu s’attendre à une tournée contractuelle (« Living The Dream » le dernier album studio avec Kennedy est sorti dans l’indifférence en pleine reformation de Guns), à des vétérans fatigués qui viennent cachetonner et à un Slash pressé de rentrer dans sa chambre d’hôtel pour checker les fluctuations de son compte en banque. Mais non, nous avons assisté à un show de rock and roll généreux avec des mecs souriants et qui placent très haut la barre de leur exigence artistique. Si tous les regards se focalisent sur Slash, la cohésion de groupe est très forte. Kennedy est l’un des meilleurs chanteurs dans la catégorie hard et la section rythmique emmenée par le bassiste Todd Kerns et le batteur Brent Fitz bétonne sec. C’est du reste Todd Kerns qui chante We’re all gonna die qui était interprété par Iggy Pop sur l’album « Slash » (2010) et rend hommage à Lemmy de Mötörhead sur Doctor Alibi.

Garanti sans laptop

Et notre ami Slash ? A cinquante-trois balais, le guitariste en a gardé sous le chapeau et sous le T-shirt The Ramones. Toujours très classe dans sa gestuelle et inventif dans ses accords, il balance ses longs solos sans jamais donner l’impression de se répéter et d’être en recherche d’inspiration. C’est comme si les notes coulent de ses veines. Son intro hispanisante sur Anastacia, les riffs incendiaires plaqués sur Boulevard Of Broken Hearts, les influences cinématographiques (des soundtracks de Morricone au thème du Parrain qu’il jouait sur la tournée des Guns) montrent toute l’étendue de son champ d’exploration. Son solo de dix minutes (!) sur Wicked Stone restera l’un des grands moments du concert de samedi. Un prestation 100% énergique, live et garantie sans laptop, c’est rare et ça fait du bien…

Reportage photographique : Benoît Bouchez.

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