Et si vous deviez tuer vous-même votre propre nourriture ?

Dans un court-métrage de deux minutes, le réalisateur et scénariste Dustin Brown met en scène un restaurant bien particulier… et remet en cause du même coup notre consommation de viande.

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Présenté à l’Animal Film Festival, La Casa de Carne y a remporté le premier prix décerné par la Fondation Tarshis. Le pitch ? Un homme se rend au restaurant avec deux amis. La Casa de Carne (la maison de la viande en français) propose « un tour complet de l’expérience culinaire ». Enthousiaste, l’homme commande des côtes de porc. Quelques secondes plus tard, il est enfermé dans une pièce aux murs blancs avec… un cochon qu’il doit lui-même tuer. 

Produit pour l’ONG Last Chance For Animals (LCA), le film a été récompensé “pour l’impact qu’il produit en mettant l’accent sur la souffrance animale dans la production alimentaire“. L’année dernière, LCA et Dustin Brown avaient remporté le deuxième prix de ce festival pour Food for Thought, un film analysant la distinction que nous faisons entre les animaux de compagnie et la nourriture.

« L’an dernier, j’ai eu l’occasion d’écrire et de réaliser un message d’intérêt public pour Last Chance for Animals, a déclaré le réalisateur à Plant Based News. C’était une grande expérience, et le film a été primé au Festival du film animalier. Nous voulions donc recommencer et essayer de repousser les limites de ce que nous avons déjà fait“.

En faisant des recherches pour le film, j’ai réalisé que ce n’est pas une idée si farfelue. Il y a déjà des restaurants et des hôtels qui le font.

Cette année, Brown voulait se concentrer sur une seule question : et si vous deviez tuer l’animal que vous vous apprêtez à manger ? “Cela m’a fait penser à un restaurant dans un avenir sombre, mais pas si lointain, qui offrirait une expérience haut de gamme à une certaine clientèle voulant tuer sa propre nourriture“. Une dystopie pas si loin de notre monde… « En faisant des recherches pour le film, j’ai réalisé que ce n’est pas une idée si farfelue. Il y a déjà des restaurants et des hôtels qui le font : ils permettent à leurs clients de chasser leur nourriture pour que l’hôtel puisse la cuisiner et la servir ».

Le court-métrage s’appuierait aussi sur un phénomène psychologique particulier : la dissonance cognitive, soit la contradiction entre notre comportement et nos valeurs. Beaucoup de personnes mangeant de la viande seraient en effet incapables de tuer un animal. « Une grande partie de notre vie quotidienne est déconnectée de la nature et des systèmes d’oppression et d’exploitation qui nous sont en grande partie cachés. Ce film est un outil puissant pour lever le voile sur cette réalité“, conclut son réalisateur.

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