The Streets à l’AB, le meilleur rendez-vous de la Saint-Valentin

Dix ans que The Streets ne s'étaient plus produits en Belgique. Ce 14 février dans une AB bourrée à craquer, Mike Skinner nous a rappelé à quel point il nous avait manqué.

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C’est l’un des emblèmes du hip-hop / garage britannique. Il a marqué nos playlists – mais aussi nos plus gros festivals, comme Rock Werchter en 2004 et le Pukkelpop en 2009 – de son accent caractéristique, porté par un débit saccadé et un phrasé ultra-reconnaissable. Mike Skinner, n’ayons pas peur des mots, est une légende. En témoignait la file de spectateurs, longue jusqu’aux trottoirs de la Bourse, qui se pressaient pour rentrer dans l’enceinte de l’Ancienne Belgique ce 14 février 2019. L’artiste s’était retiré de la scène en 2011 en publiant le titre Close The Book après 5 albums à succès, contenant dans son bagage des classiques du genre comme Fit But You Know It, Blinded By The Lights ou encore Dry Your Eyes.

The Streets - Mathieu Golinvaux

Après s’être négocié un passage à la force des coudes dans la foule compacte pour se trouver une place respirable, les lumières s’éteignent. Skinner et son band investissent la scène accompagnés des violons triomphants et de la batterie brutale de Turn The Page. Et clairement le MC de 40 ans a d’autres ambitions que de simplement signer un check sur la feuille de route de sa tournée en se produisant à Bruxelles. Il est transcendé, ultra-communicatif. Mi-concert, mi-one man show, la prestation de The Streets commence par une percée dans la foule du chanteur, qui se fait agripper le paquet par un spectateur un peu trop content de voir son idole si près de lui. Il mentionnera l’incident à plusieurs reprises pendant le concert, pointant qu’en 2019, des attouchements ne devraient pas arriver et qu’il pouvait comprendre que certaines femmes ne se sentent pas à l’aise de faire du crowd surfing dans ces conditions.

Une vague de femmes

Après quelques mosh pits, il pousse d’ailleurs la foule à désigner une joyeuse surfeuse qui arrivera jusqu’à lui sans risquer d’en garder une marque sur les fesses. La première se désigne, suivie par une dizaine de jeunes femmes qui ont pu, sans le moindre problème, traverser la fosse de l’Ancienne Belgique portées par une marée de mains non-baladeuses. Il lie d’emblée un lien avec le public massé devant lui, quitte à distribuer des pintes de 50CL à quelques heureux fans du premier rang.

The Streets - Mathieu Golinvaux

The Streets - Mathieu Golinvaux

Les classiques s’enchaînent, It’s Too Late, Too Much Brandy, Let’s Push Things Forward, Same Old Things, Geezers Need Excitement,… Tant de titres qui nous rappellent à quel point The Streets nous avait manqué. Malgré les années, chaque morceau fait encore écho, chaque refrain est entonné par « choeur ». L’essence même de l’Angleterre transpire à travers Skinner. Du second degré, au débit de boisson comme de parole, en passant par le cynisme et l’énergie. Parfois sombre, parfois euphorique. Un claquement de doigt et le live est déjà terminé. Les lumières se rallument, on en voudrait encore. La bonne nouvelle c’est que Mike Skinner et sa bande devraient sortir un nouvel album en 2020 nommé « The Darker The Shadow, The Brighter The Light ». Une façon d’éviter que The Streets ne devienne un emblème du passé.

The Streets - Mathieu Golinvaux

The Streets - Mathieu Golinvaux

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