« Kingdom », le magnifique cocktail geek explosif signé Netflix

Paysages somptueux, complots moyenâgeux, personnages monstrueux et héros courageux, ... Tout est réunis pour faire de "Kingdom", la nouvelle série de zombies coréenne produite par Netflix, un succès populaire. Voici pourquoi.

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Alors que l’intrigue et les audiences de The Walking Dead se décomposent inexorablement au fur et à mesure des épisodes (saison 9 en cours), les studios Paramount Pictures viennent d’annoncer cette semaine l’annulation de la suite de World Ward Z, blockbuster horrifique avec Brad Pitt qui avait pourtant cartonné au box office mondial en 2013 (540 millions de dollars récoltés). Sale temps à vivre pour les fans de zombies… À mois que ?

Disponible depuis quelques jours sur Netflix, une série sud-coréenne est bien placée pour reprendre le flambeau de l’exploitation des morts-vivants à l’écran, tout en dépoussiérant le genre d’un grand coup de sabre. Car Kingdom – c’est son nom – développe son intrigue au Moyen-Âge, et non à l’époque contemporaine. Et ça change sérieusement la donne ! Disposant d’un budget de 1,7 millions de dollars par épisode (il y en a 6 en tout), le réalisateur Kim Seong-hun a disposé du confort économique nécessaire pour soigner le fond et la forme d’une histoire bien ficelée. Car si les zombies restent une menace permanente en toile de fond, ils ne sont que l’une des multiples ramifications d’une intrigue qui n’a pas grand chose à envier aux complots de Game of Thrones.

Horreur poétique

Le vieux roi se meurt. Son fils, né hors mariage, s’inquiète car tant qu’il n’aura pas hérité, tout le monde convoitera sa couronne. À commencer par la nouvelle reine, enceinte d’un autre hériter. Derrière elle, son père, puissant chef machiavélique du clan Haewon Cho contrôle la cour et veut mettre la main sur le trône. Parallèlement, des événements étranges ont lieux au sein même du palais: des serviteurs du roi sont tués, souvent affreusement mutilés. Le médecin royal qui a cessé de remplir ses évaluations journalières de la condition du souverain s’est échappé. De plus en plus menacé et effrayé par l’apparition d’une silhouette puante et monstrueuse aperçue en pleine nuit dans les murs du palais, le prince décide de se lancer à la poursuite du savant en fuite pour mener l’enquête…

Dans Kingdom, il y a des combats de sabre, des têtes qui volent, l’actrice Bae Donna (interprète de Sun Bak, la badass de la série Sense 8) et des monstres sanguinaires: un « cocktail geek » explosif qui a pourtant tout pour séduire un public beaucoup plus large que les initiés. La photographie et les paysages sont magnifiques, les décors et les costumes somptueux. Une esthétique très soignée qui n’est pas sans rappeler les chefs d’oeuvre poétiques du Chinois Zhang Yimou (Hero, Le Secret des Poignards Volants). Le kung-fu en mois, l’horreur en plus.

Et en matière de frayeurs – de surcroît de morts-vivants – le cinéma coréen a prouvé qu’il maîtrisait son sujet depuis le succès critique et public mérité du Dernier train pour Busan (2016). À l’instar de ce dernier ou de World War Z (où l’épidémie prenait d’ailleurs racine en Corée), les zombies dans Kingdom courent vite. Très vite. Ils ne s’animent que le crépuscule venu car ils sont allergiques à la lumière du soleil (comme les contaminés de I Am Legend avec Will Smith), mais ils impriment le tempo d’un récit spectaculaire mené tambour battant. Passé outre l’interprétation (un peu trop) théâtrale de certains protagonistes, la première saison de Kingdom se laisse facilement dévorer par la spectateur absorbé. De son côté, Netflix a déjà annoncé la production d’une suite… Longue vie aux zombies !

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