Aya Nakamura: la reine de la pop qui convainc même les plus réticents

En moins de deux ans, la chanteuse s’est imposée comme la reine de la pop aux quatre coins du monde. À 23 ans, ses albums sont d’or ou de platine et ses clips vus des millions de fois. Quoi, vous ne connaissez pas Aya Nakamura ?

©Belga Images

Présenter la chanteuse est une galère pour certains qui ne sauraient même pas dire où le prénom s’arrête et où le nom commence. On se souvient d’ailleurs du tollé provoqué par Nikos Aliagas sur le plateau des derniers NRJ Music Awards quand il annonça que « Yaka Nakamura » était nommée dans la catégorie « chanson francophone de l’année ». Née en 1995 au Mali, Aya Danioko de son vrai nom, atterrit quelques mois plus tard en banlieue parisienne avec sa famille. Rien ne la prédestinait au succès international qu’elle connaît jeune et ne doit qu’à elle-même.

Il y a cinq ans, elle publie sa première chanson sur Facebook alors que sa mère et sa sœur tentent tant bien que mal de l’en dissuader. « ‘Arrête avec ta chanson, elle est trop nulle.’ Ça m’a donné la rage », raconte-t-elle à Libération. Aya fait bien d’écouter son intuition puisque sa chanson Karma fait le tour des réseaux sociaux et lui ouvre suffisamment de portes pour qu’elle finisse par vendre des albums en Roumanie, au Canada ou au Japon. Aya Nakamura (en référence au personnage de la série Heroes, Hiro Nakamura) est née.

Ni porte-parole, ni modèle

À seulement 23 ans, elle s’est imposée comme la reine de la pop urbaine dans une industrie musicale qui manquait de visages féminins comme le sien. « Un directeur artistique d’une maison de disques m’a demandé de blanchir ma peau pour toucher un public plus large« , n’oublie pas de rappeler Aya Nakamura dès qu’elle le peut. Mais attention, elle refuse d’être érigée en modèle, elle ne se revendique pas féministe et elle ne souhaite pas devenir la porte-parole d’une quelconque communauté. Maquillée, couverte de bijoux et de vêtements colorés, Aya ironise quand on lui reproche son manque de naturel. Tant que certaines femmes peuvent s’identifier à elle…

Comment expliquer le succès planétaire de la chanteuse ? Aucune idée. Ou si. Plein. Parce qu’elle incarne un renouveau. Qu’elle fait place aux femmes, aux sonorités africaines, à la jeunesse. Parce qu’elle captive et ce, qu’on soit friand de ce genre de musique ou pas. Même les critiques musicaux pointus et généralement difficiles à convaincre ont été obligés de plier devant le talent d’Aya Nakamura. « Nouvelle reine d’un r’n’b français réinventé », titre Les Inrocks. La presse internationale confirme.

Y’a pas moyen Djadja

Comment être passé à côté de l’infatigable Djadja ? À moins d’avoir passé l’été dans une grotte, impossible de ne pas avoir calé quelques pas de danse sur la chanson aux plus de trois millions de vues YouTube. Sans compter les reprises qui se multiplient frénétiquement. De la plus absurde des gilets jaunes en passant par Bilal Hassani ou Angèle. Comment ne pas s’être questionné à maintes reprises sur la signification des paroles ? Sur le fameux « en catchana baby tu dead ça » ? Quoi qu’il en soit, ne lui demandez pas. « Mais pourquoi je dois encore le redire ?! « , s’exclamait-elle sur le plateau de l’émission de Canal +, Clique. Aya Nakamura en a marre de devoir justifier et expliquer chacune de ses paroles. « Je parle pas comme une gogole pourtant », confiait-elle encore au journaliste de Libé.

On vous défie d’écouter son second album Nakamura et d’en sortir sans un refrain bloqué en tête pendant plusieurs heures. Parce qu’elle est là la force d’Aya Nakamura : rassembler et plaire peu importe les horizons musicaux. Prouver que la musique n’a pas de frontières.

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