Pourquoi on a ri jaune devant « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu? »

La comédie-carton accouche d’une suite plate et sans idées… qui sonne comme un coup de pub à Macron.

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Il y a 5 ans sortait Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu, comédie-tsunami qui a déversé rien qu’en France plus de 12.000.000 de spectateurs dans les salles. Forts de cet énorme succès, les distributeurs de sa suite au titre très recherché de Mais qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu? n’ont pas trouvé opportun de montrer leur nouveau poulain à la presse.

Et il est vrai que cette production Tf1 destinée au très grand public n’a pas vraiment besoin d’un écho médiatique pour exister. Il y aura à coup sûr pour la voir des spectateurs «  en masse  » dans les cinémas de France et de Navarre. Qu’importe les qualités très relatives de cette suite plutôt paresseuse toujours réalisée par Philippe de Chauveron.  Ecrite au verso du scénario du premier épisode, Mais qu’est-ce qu’on a encore fait… joue en effet le jeu de la sécurité, sans jamais sortir des balises très visibles de la « comédie du vivre ensemble » qu’elle se donne un mal de chien à paraître (à l’image des pitoyables A bras ouverts avec aussi Ari Abittan et Epouse-moi mon pote).

Tout est quasi construit à l’identique, la fraîcheur en moins, pour cause, et s’appuie sur les mêmes ressorts comiques agitant les bourgeois blancs Verneuil toujours aux prises avec leurs beaux-fils pas vraiment «  couleur locale  » (rappelez-vous l’angoisse du couple, par ailleurs excellent, Christian Clavier/Chantal Lauby qui subissait avec effroi le mariage de chacune de leur quatre filles chéries avec un Noir, un Arabe, un Juif et un Chinois dans le film initial).

On retrouve donc les mêmes quasi où on les a laissés, dans leur immense bicoque de Touraine, et bien décidés à empêcher leurs charmantes progénitures de suivre leurs maris respectifs à l’étranger. Mot d’ordre: montrer à ces cocos bien trop critiques comme la France, pays des Lumières et (surtout ici)  du Roblochon, a conservé son lustre. Mieux: comme elle s’avère le phare démocratique guidant les hommes à travers l’obscurité du monde.

Pour cela, rien de mieux que la visite de son passé glorieux avec ses châteaux de la Loire, ses vignobles et ses belles entreprises, témoins de sa grandeur économique, à la suite d’un Verneuil (Clavier aux accents De Funesques réussis) plus cocardier que jamais (spectateur assidu de Stéphane Bern, on l’affublera du képi du général de Gaulle, autant sauter les deux pieds joints dans le cliché).

Quand rigolade rime avec Macronade

C’est simple, on jurerait entendre dans la bouche de l’acteur, une fois que l’on tend mieux l’oreille, le monologue d’un Macron adressé à la « France d’en bas » auquel le film vient d’un peu chatouiller le ventre. Et là tout se détricote. On pense à Verneuil faisant la leçon à ses beaux-fils à coups de: « La France, tu l’aimes ou tu la quittes ».

On pense à Rachid qui refuse catégoriquement comme avocat de défendre les femmes voilées, à David obsédé par son rêve d’homme d’affaires, à Chao de moins en moins jaune qui finit par se fondre dans la peau d’un banquier, à toutes ces singularités tranquillement mais sûrement gommées pour prendre les traits de l’homme qui traverse la rue pour réussir. Et on s’étrangle carrément lorsqu’on entend un des protagonistes s’exclamer: « En France, ce n’est pas le président qu’il faut changer, mais le peuple ». Du coup, la comédie fait rire jaune. Mais vraiment pas gilet jaune.

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