« Continuer » le nouveau film de Joachim Lafosse avec Virginie Efira

Dans sa première adaptation d’un roman, Joachim Lafosse filme une Virginie Efira sans fard.

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Partir pour se retrouver. Et retrouver son fils. Le voyage que Sybille entreprend n’a rien de touristique. Elle a tout laissé derrière elle, vendu la maison dont elle a hérité pour acheter deux chevaux et parcourir les paysages arides du Kirghizistan, avec Samuel, ado en colère qu’elle ne comprend plus.

C’est la première fois que Joachim Lafosse (À perdre la raison, L’économie du couple) adapte un roman. Continuer de Laurent Mauvignier (Éditions de Minuit) lui a permis d’aller plus loin dans l’exploration des relations familiales et filiales, mais correspond aussi à une envie profonde du cinéaste. “J’ai fait beaucoup de films avec des conflits, confie Joachim Lafosse, mais il y a aujourd’hui une envie de pacifier chez moi. Le coeur du roman, c’est la rencontre. Rencontre avec les Kirghizes mais aussi entre ces deux personnages. Je voyais une opportunité de montrer combien c’est important de voir sa mère comme une mère, mais aussi comme une femme. Je crois que les hommes deviennent des hommes quand ils sont capables de faire ça. Ça a été un énorme plaisir pour moi de filmer un jeune homme qui pose la tête sur l’épaule de sa mère.

Tournage compliqué

Continuer n’a pas été facile à réaliser. Un tournage de vingt-huit jours, avec une petite équipe, un isolement dicté par le récit et un casting qui a en partie été imposé au réalisateur. “Pour Laurent Mauvignier, poursuit Joachim Lafosse, pour les éditeurs, pour les producteurs, c’était avec Virginie ou pas. Ça n’a pas rendu les choses faciles, je ne vais pas le nier. Virginie n’avait pas forcément la même lecture que moi du roman. Donc, on a dû se trouver. De nouveau, le cinéma m’a fait évoluer. J’ai appris quelque chose d’être arrivé à donner une forme à tout ça. Après, c’est périlleux, je ne sais pas si je recommencerais.

Le résultat est un film qui, sans être parfait, réussit le pari de créer un huis clos dans de grands espaces, une nature somptueuse qui semble suivre les humeurs de ses protagonistes. “Un tournage contamine le récit et le récit, le tournage, conclut Joachim Lafosse. Par exemple, je trouve Virginie très belle dans le film. Souvent, je trouvais assez fabriqué ce qu’elle composait dans ses films précédents. Ici, parce qu’il y a le vent, la poussière, la transpiration, il y a un naturel qui est apparu chez elle.” Et qui fait naître de belles scènes d’émotion pure. Sans fard.

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