Patrick Bruel : « Je me livre plus aujourd’hui”

Sa tournée 2019 bat déjà tous les records et son dernier album “Ce soir on sort…” explose les charts. Plus qu’un retour en grâce, c’est la confirmation qu’on peut avoir été un chanteur à la mode et ne jamais se démoder.

 n.d.

Patrick Bruel parle vite et sourit tout le temps. Chez un autre, ça pourrait énerver. Chez lui, cette urgence et cette volonté de séduire s’inscrivent dans une éthique qu’il s’est fixée depuis ses débuts. À l’aube de ses 60 ans, Patrick Bruel sort l’un de ses disques les plus équilibrés et il fait l’unanimité. À raison. “Ce soir on sort…” est un album de chansons populaires dans le sens noble du terme. Il donne à réfléchir, nous invite à nous réconcilier, à panser nos plaies et à nous mettre debout sur les tables pour avancer.

Avant la sortie de votre nouvel album, plus de 150.000 tickets pour votre tournée 2019 avaient déjà été vendus. Ça vous donne de la confiance ou de la pression ?

PATRICK BRUEL - Garder un tel capital confiance du public après toutes ces années me flatte. Mais pour être honnête avec vous, ça ne m’étonne pas. Je ne connais pas une seule personne qui soit repartie déçue d’un de mes concerts. Les gens sortent de la salle heureux et ils parlent autour d’eux de cette expérience avec un tel enthousiasme que je sais d’avance que mes tournées vont attirer du monde. Je me dis que c’est un juste retour des choses. Je sais aussi que la barre est plus haut à chaque nouvelle tournée. Je ne dois pas décevoir les gens. Mon plus gros challenge consiste à instaurer une intimité dans des espaces de plus en plus grands. Je dois être capable de m’adresser à une entité mais aussi individualiser ma relation avec chaque spectateur.

Vous fêterez vos 60 ans le 14 mai sur la scène de Forest National. Avez-vous le sentiment de franchir un cap ?

Je ne veux pas en parler. C’est une question que j’essaie de ne pas me poser, même si d’autres le font à ma place. Pour détourner la conversation, je parle alors d’un autre anniversaire. En décembre 2019, on célèbre le trentième anniversaire de mon album “Alors regarde”. Je serai à Paris à La Défense Arena ce soir-là, il y a aura une grosse fête avec des invités. Mais pour Forest, je ne sais pas.

Que dirait le jeune Patrick Bruel qui chantait Marre de cette nana-là en 1984 à celui qu’il est devenu aujourd’hui ?

Le jeune Patrick prendrait le “vieux” dans ses bras et le féliciterait en disant : “Chapeau d’avoir gardé la ligne que tu t’es fixée. Tu peux te regarder fièrement dans la glace. Tu as fait de ton mieux, sans coups tordus à ton public”. C’est, du reste, ce que je répète toujours à mes enfants : “Essayez de faire de votre mieux, peu importe le résultat”.

Quel regard portez-vous sur votre discographie ?

Lorsque je regarde en arrière, je me dis qu’il y a une éthique qui relie tous mes albums. Et c’est ce dont je suis le plus fier. Il y a eu aussi des maladresses, des choses moins fortes, des moments de paresse.  Mais ils ont été sanctionnés. “Lequel de nous deux” (2012) et “Ce soir on sort…” sont les albums pour lesquels j’ai le plus travaillé. Ce sont les deux derniers et aussi mes préférés. “Alors regarde” est mon plus gros succès, c’est un ovni, celui qui compte le plus de tubes que les gens ont envie d’entendre en live, mais il y avait sans doute moyen de faire encore mieux sur le plan de la production.

Les 14/5, 15/5 (complet), 16/5, 28/5 (complet), Forest National, Bruxelles. Le 20/7, Francofolies de Spa.

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