Les bonnes raisons de découvrir Anthostoria, expo sur les mutilations génitales

L’exposition dédiée aux violences génitales, Anthostoria, a ouvert ses portes à l’Université Libre de Bruxelles. En Belgique, plus de 25.000 femmes vivent avec ces mutilations.

©Anthostoria

Nichée dans l’un des bâtiments du campus de l’ULB, l’exposition « Anthostoria, a flower story« , met à l’honneur ces femmes qui ont subi des violences génitales au nom d’une coutûme. Tout au long d’un parcours informatif richement documenté, le visiteur fait face à une triste réalité toujours d’actualité. En Guinée, 97% des femmes et des filles sont excisées. En Somalie, le chiffre est encore plus affligeant. À travers le monde, elles sont 200 millions à s’être vues infliger ces violences.

En Belgique, une loi existe depuis novembre 2000 et condamne fermement toutes mutilations génitales féminines (MGF). Mieux, le Code pénal sanctionne d’une peine d’emprisonnement allant de trois à cinq ans « quiconque aura favorisé toute forme de mutilation des organes génitaux d’une personne de sexe féminin, avec ou sans consentement de cette dernière ». Même la tentative est punissable. Toujours chez nous, la lutte contre les MGF figure au Plan d’action national depuis 2010. S’ajoutent les différentes asbls telles que GAMS ou Intact qui sensibilisent et agissent sur le terrain depuis de nombreuses années. Sauf que dans les pays subsahariens, où ces violences ont lieu la plupart du temps, les sanctions sont loin d’être appliquées, même si certaines législations existent bel et bien.

©GAMS

Des violences qui concernent l’Europe, et la Belgique

En plus de conscientiser et de re-contextualiser, Anthostoria s’est également donné la mission de déconstruire les préjugés. Non les excisions n’ont rien à avoir avec la religion musulmane même si celle-ci est fréquemment invoquée par ceux qui la pratiquent pour la justifier. Non les MGF ne se déroulent pas que dans les pays d’Afrique subsaharienne. En Europe aussi, des jeunes femmes, principalement issues de l’immigration, sont mutilées.

En Belgique, le SPF Santé publique estime que plus de 4.000 filles risquent potentiellement l’excision. Plusieurs personnes venues de pays où l’excision est une coutume se sont installées en Europe et il n’est pas rare que des familles originaires de Somalie, Guinée ou Erythrée et résidant sur le Vieux continent fassent appel à l’une d’entre elles. Quand bien même les États de l’Union européenne interdisent la pratique, le mal est fait à l’ombre d’un quelconque contrôle.

Informer les futurs professionnels

C’est pourquoi, via leur exposition, les 15 étudiantes à l’origine d’Anthostoria souhaitent donner un maximum de visibilité aux associations qui tentent de rendre certains contrôles et apprentissages obligatoires. Lors des visites médicales à l’école, les médecins vérifient les parties génitales des petits garçons, mais pas celles des petites filles. Ce contrôle devraient pourtant entrer en vigueur pour les deux sexes Les asbls voudraient qu’il en soit de même pour les petites filles. Aussi, les médecins, infirmiers et autres futurs professionnels susceptibles d’être confrontés à des femmes ayant subi ces violences ne sont pas suffisamment formés et informés et donc pas armés pour agir et guérir.

Du 11 au 15 février Anthostoria déménagera au Centre d’action laïque de Bruxelles pour orchestrer des visites et sensibiliser les étudiants. L’idée, à terme, étant de rendre obligatoire un cours sur les mutilations génitales et la façon de les soigner dans les cursus scolaires des métiers concernés.

Exposition Anthostoria, a flower story à découvrir du 12 au 16 novembre dans le hall du bâtiment K à l’Université Libre de Bruxelles. Mais aussi du 11 au 15 février au Centre d’action laïque à Ixelles et du 11 au 15 mars au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

 

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