Yoann Blanc : “On me parle de La trêve au moins une fois par jour”

Le désormais célèbre inspecteur Peeters, du genre réservé dans la vie, fête ses 43 ans en assurant la promo de la série belge la plus attendue de la saison. Rencontre avec un acteur, un vrai. 

La Trêve © Prod

Avec le succès de La trêve et la fameuse affiche de sa chemise blanche ensanglantée, son visage a fait le tour de la Belgique, et même au-delà. Inconnu du grand public avant la série, ce taiseux discret, d’ailleurs pas si loin de son personnage, fourmille de projets, entre planches, télé et grand écran.

La trêve revient sur la RTBF et il y a déjà eu des avant-premières et une première diffusion sur Proximus TV. Content ? Soulagé ?

YOANN BLANC – Ben, je ne sais pas encore. Pas du tout, même ! On attend la diffusion sur la RTBF. Mais j’ai vu la série en août et je trouve que tout est plus affirmé, avec des choix plus assumés.

Avant de tourner cette suite, vous disiez qu’“il faudrait fabriquer une autre soupe, mais avec le même goût quand même”

Oui, sauf que le tournage n’a pas été plus simple, pour deux raisons. D’abord, les auteurs (Stéphane Bergmans, Benjamin d’Aoust et Matthieu Donck – NDLR) ont vu plus grand et tant mieux, ils auraient eu tort de se priver. Mais vu qu’ils ont développé des personnages, des lieux et des scènes, au final, on a bien cravaché sur le tournage. Et puis, il y avait un peu de pression. Sur une deuxième saison, on a envie que ça soit bien. C’était donc du sérieux.

À peu de chose près, on retrouve les mêmes comédiens et la même équipe technique ?

Oui ! Excepté les costumiers, pour de simples raisons de planning ! Preuve que ça s’est bien passé lors de la première saison. Et ça, c’est notamment grâce à l’aura de Matthieu (Donck, également réalisateur et showrunner – NDLR).

À l’origine, il vous avait dit “je prépare une série en pensant à toi, on va tourner un pilote, mais on n’est pas sûr que ce sera toi au final”. Et cela vous avait chagriné…

(Rire.) Oui, c’est vrai que j’ai eu un sentiment étrange, mais voilà, c’est le processus. On écrit, on fait une présentation des personnages de la série en trois ou quatre jours, et si ça se trouve, on prend un autre acteur à la fin, comme ça arrive parfois. Donc dans ces moments-là, on se dit : ça va, on est potes, on a déjà bossé ensemble et je sais que les gens de la production (Hélicotronc – NDLR) sont appréciables et corrects.

Ceci dit, l’image des séries belges n’était pas fameuse à l’époque…

Ça, c’est encore autre chose. Disons qu’il y avait plutôt eu des sitcoms, comme Melting-Pot Café. Une série policière belge, ça n’avait jamais vraiment été fait. Donc pour moi, qui venais du théâtre, c’était un peu étrange. Mais on avait quand même envie d’essayer, et de voir ce que ça donnerait.

Au final, La trêve a connu un succès exceptionnel. Historique, même…

C’est vrai, mais ce serait prétentieux de dire qu’on a écrit l’histoire. Le truc super, c’est que les gens se soient approprié la série, ici en Belgique. C’est devenu un peu la leur et de ça, comme de tout ce mouvement, je suis heureux. Du fin fond des Ardennes à Bruxelles, dans toutes les couches sociales, il y a un truc hyper-fédérateur. Même en Flandre ils l’ont prise et ça, pour nous, c’était énorme. Et moi, il n’y a pas un jour où on ne m’en parle pas…

Vu que la série a été vendue dans plusieurs dizaines de pays, vous vous êtes déjà entendu dans une autre langue ?

Oui, en allemand ! Avec tous les clichés possibles. J’ai une voix très grave et masculine. Rien à voir avec la mienne (rire).

Et sur les séries suivantes de la RTBF, vous avez jeté un œil ?

Pas vraiment, car j’ai été fort occupé et pas toujours en Belgique. J’ai juste pu regarder Ennemi public, car ce sont un peu nos cousins. On a commencé à tourner la même année, en se suivant de quelques mois, donc chacune des équipes se tient au courant de l’évolution de l’autre, en espérant que ça fonctionne. Il y a une belle relation entre les deux.

Quand vous dites “fort occupé”, cela veut dire qu’il y aurait eu un effet Trêve dans votre travail ?

Oui, je pense, aussi grâce au boulot d’un agent (Christelle Michelet, basée à Paris mais spécialisée dans les acteurs belges – NDLR). Après, des choses se font sur des rencontres. Cette année, j’ai tourné en Suisse deux séries, dont une est l’adaptation de la série flamande Dubbelleven. Là, je tourne dix jours en Belgique dans le dernier film de Nicolas Boukhrief (Le convoyeur) et j’ai bientôt un beau rôle dans L’agent immobilier, une série pour Arte tournée à Bruxelles, avec Mathieu Amalric et Eddy Mitchell. Au printemps, toujours dans la capitale, j’ai aussi eu un jour dans le dernier film de Bertrand Blier, avec Christian Clavier et Gérard Depardieu. Mais c’est une scène superbe, et au début du film.

Cette interview est issue de notre magazine papier. Pour plus d’infos sur La Trêve, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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