Narcos : le bon, la brute et les truands

Direction, le Mexique. Cette saison de Narcos redémarre en 1980 et retrace la génèse du cartel de Guadalaja.

Narcos Mexico © Prod

Ceci n’est pas un quatrième opus. C’est une « companion serie ». Une déclinaison de la marque, un chapitre parallèle à sa saga de la drogue, qui en conserve l’esthétique, les codes narratifs, le showrunner (Eric Newmann, à l’origine producteur de films d’horreurs) et surtout la qualité. La plupart du casting, comme des réalisateurs, sont mexicains. Les 10 épisodes ont été tournés en espagnol, sur place. Le scénar fictionnalise des faits réels. Et, madre de dios, la construction et l’interprétation des personnages sont impériaux. Pour dire, on pense à The Wire (le monument d’HBO) en découvrant l’effet miroir du milieu des traffiquants et de la police.

Concrètement, Narcos Mexico raconte comment les Colombiens ont dû trouver des ressources pour faire entrer leur came aux États-Unis. Et comment cette nouvelle donne a engendré le cartel de Guadalaja. En 1980, sous le soleil de Mexico, on cultive du cannabis. Des petits barons locaux veillent sur leurs territoires. La coke va tout changer. L’un deux, pas le plus grand cador pourtant, Félix Gallardo (Diego Luna, vu dans Rogue One, mutique et magnifique) va organiser la pègre et concentrer le pouvoir (entre ses mains, quelle surprise). En face, un agent de la DEA américaine, Kiki Camarena (Michael Pena, attachant et intense), débarque de Californie avec sa famille pour jeter un œil sur les dealers mexicains. Infiltré parmi les malfrats, l’enquêteur flaire le début d’une nouvelle ère. Il tente, lui, de structurer la police, tout en se prenant dans les dents la corruption locale. Le parallèle est évident. Les images sont fortes, le voyage dans le passé coloré, sexy, moite, entre piscines, décors baroques et looks qui blinquent. Au point qu’on oublie qu’on sait comment ça va (mal) finir…

Sur le même sujet
Plus d'actualité