Le festival Jyva’Zik dit stop au harcèlement sexuel

Après Esperanzah!, le festival de musique Jyva’Zik est le deuxième à bénéficier du Plan SACHA dont l’objectif est de lutter contre le harcèlement et les violences sexuelles.

© Jyva'Zik

Après Bob chargé de rester sobre toute la soirée et de ramener ses amis en sécurité chez eux, il y a désormais Sacha. Sa mission : rester attentif à toutes formes de harcèlement et de violences sexuelles en festival. Pour l’aider dans sa tâche, le Plan SACHA prévoit une mini formation de quinze minutes sur le site du festival où il est installé.

C’est le festival Esperanzah! qui est à l’origine de ce projet, salué par le Ministère de l’égalité des chances et par les acteurs du secteur. Et le premier bilan est positif : « Beaucoup de personnes nous ont rapporté qu’il y avait un sentiment de sécurité et de bienveillance dans le festival », explique Jérôme Van Ruychevelt, coordinateur de la campagne.

Le plan SACHA se décline en quatre points. D’abord, la prise en charge sur place des victimes ou témoins de violence par des professionnels. « Même chez nous, les violences sexuelles et le harcèlement existent. Commencer à classer les incidents par ‘gravité’ n’a aucun sens parce que tout dépend de comment la victime vit l’incident. Nos psychologues ont dû intervenir pendant le festival (Esperanzah!, cet été, NDLR.) un certain nombre de fois ». Des interventions autant auprès des festivaliers que des bénévoles, « en première ligne pour accueillir la parole (des victimes, NDLR.) » ; une situation « loin d’être évidente quand ce n’est pas leur métier », précise Jérome Van Ruychevelt.

Le deuxième point du plan consiste à former les festivaliers et festivalières à devenir des Sacha, une formation donnée par les bénévoles eux-mêmes, encadrés par les psychologues. Une campagne de prévention et une formation des acteurs et actrices du festival à la question du harcèlement sexuel sont aussi prévus.

1 fille sur 6 victime de harcèlement

Selon un sondage de Plan International Belgique, 1 fille sur 6 révèle avoir été victime de harcèlement sexuel au moins une fois à un festival au cours des trois dernières années. 60% des sondés reconnaissent que le harcèlement sexuel est un problème fréquent voire très fréquent dans les festivals et 40% des témoins s’éloignent sans agir… « Le harcèlement sexuel, c’est une violence sexuelle. Cela se passe dans l’espace public, et donc cela se passe dans les festivals. Évidemment comme il y a un phénomène de promiscuité, on va retrouver plus d’actes de frottements, d’attouchements, mais on va retrouver aussi d’autres catégories qui vont de l’insulte verbale de la poursuite, à l’agression sexuelle voire au viol », expliquait cet été sur les ondes de La Première Manuela Varrasso, responsable communication chez Plan International Belgique.

D’ici cinq ans, l’équipe d’Esperanzah! espère que tous nos festivals seront dotés d’un plan comme le plan SACHA.

Le festival Jyva’Zik aura lieu du 1er au 3 novembre à Court-Saint Etienne.

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