Dernière saison d’House of Cards : l’élève dépasse le maître

Pour sa dernière saison, House Of Cards éjecte Kevin Spacey, repose entièrement sur Robin Wright et renoue avec l’excellence.

© Prod

Au terme de la cinquième saison, Claire Underwood – devenue présidente des États-Unis en remplacement de son mari – s’exclamait : ”C’est mon tour!” Elle ne savait pas encore à quel point l’histoire lui donnerait raison. Alors que débute le tournage de la sixième saison, Netflix doit faire face au scandale Kevin Spacey. Accusé de harcèlement et agressions sexuelles – dont auraient été victimes certains membres de l’équipe -, l’acteur est renvoyé.

Une catastrophe pour les scénaristes qui doivent revoir leur copie alors que les caméras sont déjà allumées, mais une aubaine pour la série. Décevant lors de la cinquième saison, House Of Cards n’atteignait plus l’excellence à laquelle il nous avait habitués. Frank Underwood, le personnage interprété par Spacey, est devenu une caricature, les histoires s’éternisent et le public se lasse. Le renvoi de Kevin Spacey est sans nul doute ce dont la série avait besoin pour repartir de l’avant.

Cette sixième saison voit donc Claire prendre le pouvoir, libérée de son mari, que les scénaristes ont tout simplement fait mourir. Toujours aussi impeccablement interprétée par Robin Wright, la blonde glaciale met en œuvre tout ce qu’elle a appris au cours de ses trente ans de mariage. Froide et implacable, elle est même meilleure que ne l’a jamais été l’ancien président. Mais le pouvoir attise les jalousies et Claire Underwood ne va pas tarder à s’en apercevoir. Tout comme elle devra apprendre à composer avec les conséquences des manipulations passées. Sera-t-elle assez forte pour y parvenir ? Les huit épisodes de cette dernière saison tiennent leurs promesses. Le générique de fin nous frustre, l’impatience est de nouveau là, on veut connaître la suite. Même si tout n’est pas parfait.

Les monologues face caméra adressés au téléspectateur sont trop nombreux. Les circonstances de la mort de Frank sont évoquées beaucoup trop souvent. Certains personnages n’ont pas évolué. Que dire par exemple de Doug Stamper (Michael Kelly), qui après un séjour en hôpital psychiatrique revient jouer son rôle favori, soutenir et protéger coûte que coûte Frank Underwood même au-delà de la mort. D’autres tirent mieux leur épingle du jeu. On savoure le tandem Diane Lane/Greg Kinnear, un frère et une sœur qui devraient poser bien des soucis à la première femme présidente des États-Unis…

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