La fièvre rock and roll de Greta Van Fleet

Le Led Zeppelin du Michigan présentait  son premier album ce samedi dans une Ancienne Belgique complète. Prêt pour la Champions League, le quatuor revient au Lotto Arena le 28 février.

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Après avoir rempli l’AB Club en mars dernier, Greta Van Fleet avait cette fois les honneurs de la grande salle, qui plus est complète, de l’Ancienne Belgique, vingt-quatre heures seulement après la sortie commerciale de leur premier brûlot « Anthem Of The Peaceful Army ». Qu’on se le dise tout de suite, derrière un nom qui pourrait évoquer chez beaucoup une patineuse hollandaise de shortrack, Greta Van Fleet est la nouvelle sensation rock and roll chargée de ramener les guitares à l’avant-plan. Et tout le monde semble déjà avoir un avis définitif. En bref, on les adore ou on les haït pour les mêmes raisons.

Blues et country/rock

Comparés dès son premier single Higway Tune à Led Zeppelin (avec l’assentiment de Robert Plant), invité au printemps dernier par Elton John pour un grand raout caritatif londonien où le pianiste pop leur aurait conseillé d’être « autant flamboyant dans leur garde-robe qu’avec les instruments », les quatre garçons sont originaires d’un trou perdu du Michigan que David Guetta et Justin Bieber ne semblent pas encore avoir colonisé. Les trois frères Kiszka (Joshua, Jacob, Daniel) et leur pote Daniel Wagner citent comme influences les bluesmen du Delta, The White Stripes, les vétérans rythm & blues de Stax ou encore une flopée de groupes country/rock de  série B des seventies.

Bandana et plumes de Cheyenne

Sur scène, c’est impressionnant. Mélange de revival classic rock (il y avait, du reste, beaucoup d’auditeurs de Classic 21 dans la salle), de fougue juvénile et d’artifices hippie, leur prestation parfaitement huilée ne départagera pas les fans et les détracteurs. Mais derrière leurs poses calculées, les plumes de Cheyenne sous le bandana et le torse nu transpirant sur la veste en daim à franges, les mecs savent jouer. Quasi chacune de leurs compositions sonne comme un hymne de festival, y compris la ballade à la Foreigner/Guns N’ Roses obligatoire.  Highway Tune, le morceau qui a déclenché le buzz, est placé en deuxième position de la setlist et s’étire sur plus d’un quart d’heure dans la grande tradition rock seventies.  Ils referont le même cou en rappel avec l’excellent Safari Song. Déjà auteur d’une reprise magnifique de A Change Is Gonna Come de Sam Cook, Great Van Fleet revisite cette fois le diabolique Evil du bluesman du Mississippi Howlin’ Wolf et la ballade Lay Down de la chanteuse folk baba cool Melanie. Et c’est bluffant. Le chanteur Joshua Kizska sait prendre la pose, son frangin Jacob enchaîne riffs stoniens et solos kilométriques tandis que la section rythmique burine.

De retour en 2019

S’ils ont pris la planète rock (enfin ce qu’il en reste) par surprise, ce n’est pas un hasard.  Livrés en fin de set, Watching Over et When The Curtain Falls, tous deux extraits du nouvel album,  sont bien plus excitants que tout ce que Jack White a enregistré sur son dernier disque solo.  Galvanisé par son esprit de gang et sa jeunesse, Greta Van Fleet parvient à sortir du formol sa culture old-school pour en faire un mode de vie contemporain. Signés sur un obscur label connu de quelques puristes plutôt que sur la major Universal, Greta Van Fleet aurait déjà acquis une crédibilité qui leur manque encore chez les gardiens du temple. Nous, on s’en fout. Si on n’a rien vu de nouveau ce samedi,  nous ne bouderons pas notre plaisir de voir des gamins jouer du rock and roll de cette manière en 2018. Et surtout d’y croire. A revoir au Lotto Arena et plus que certainement dans les gros festivals d’été.
Greta Van Fleet, le 28/2 au Lotto Arena, Anvers.

 

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