On a vu Mustii à l’Ancienne Belgique

L’ange androgyne pop lançait sa tournée 21st Century Boy ce vendredi à Bruxelles. Enivrante, poétique et fédératrice, sa prestation a marqué les esprits

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« Je dois avouer qu’il y a une heure ou deux, j’avais très peur dans ma loge. » Alors qu’il se fend de cette confidence au premier tiers de son concert, Thomas Mustin, alias Mustii, va déjà beaucoup mieux. Le public de l’Ancienne Belgique, complète en formule  « box  » comme quasi toutes les salles où il va se produire cet automne, le suit au quart de tour. Le son est à la fois puissant et limpide.  Tels des cavaliers de l’Apocalypse, les trois musiciens maîtrisent parfaitement les nouvelles compositions de son premier album  « 21st Century Boy « .  Quant à la scénographie, elle joue de manière subtile sur les contrastes en clair/obscur. Oui, Mustii, peut être rassuré. Pour une première, il s’agit d’une première réussie.

Angoisse et espoir

Le jour même de la sortie de ce tant attendu premier disque (il le promettait depuis deux ans), Mustii investissait donc l’une des salles les plus prestigieuses du Royaume. Comme il l’explique dans les colonnes du Moustique cette semaine, le fameux  « Garçon du 21è siècle »  qui donne son titre au disque, est un narrateur fictif qui cherche sa place dans notre monde. Un concept qui permet au jeune artiste bruxellois d’y fondre son propre questionnement sur notre société. Les doutes, les angoisses face à ce flux continu d’informations, le manque de communication, la solitude et, ouf, l’espoir aussi…

De Bowie à Erasure

Sur scène, le propos mûrement réfléchi de  « 21st Century Boy »  ne plombe jamais l’atmosphère. « Ecrire mes chansons, c’est un truc intime. Mais quand je les interprète sur scène, j’ai envie de communier, ça doit être une fête », nous confiait-il. Il est fan de pop orchestrale et, notamment grâce à ses parents présents dans les balcons, il s’est construit une culture musicale sans la moindre œillère. En nonante minutes d’un show servi par un son en 3D, on sent les références au Bowie de la période « Station To Station », à la cold-wave des années 80 (il reprend d’ailleurs Tainted Love de Soft Cell), mais aussi à l’électro/pop plus synthétique d’Erasure ou à des artistes contemporains en quête du son de demain comme Woodkid ou The Blaze.  Chez Mustii, les envolées épiques (What a day, The Darknest Night) alternent avec des passages instrumentaux majestueux (son intro impressionnante sur The Cave), des ballades mélancoliques (Blind) et des refrains hédonistes flirtant avec le dancefloor (le petit nouveau Turn It Off, l’ancien Feed Me servi  en offrande au deuxième rappel.

Et puis il y a cette présence. Bluffante. Comédien de formation, comédien de vocation, Mustin/Mustii a un charisme rare. Discret et timide dans la vie de tous les jours, il se métamorphose sur les planches. Un regard, une main, un geste, une accolade, un bain de foule (ou plutôt deux bains de foule), une vanne sur le mode autodérision… Le garçon maîtrise parfaitement et naturellement toute la grammaire scénique pour attirer l’attention et hypnotiser les esprits. Le tout, on ne le répètera jamais assez, dans une volonté de proposer avant tout une grande fête. Malgré les quelques imperfections inhérentes à une première, ce fut effectivement une belle fête ce vendredi soir. Qu’on se le dise, Mustii sera le ticket gagnant des grands festivals d’été.

PHOTO: Copyright Benoît Bouchez

Mustii en concert le 20/10  à l’Entrepôt (Arlon) Last tickets, le 26/10  octobre à l’Eden (Charleroi, complet), le 9/11  au Palace (La Louvière, complet), le 10/11 à la Maison de la Culture (Marche), le 17/11 au Reflektor (Liège, complet), le 7/12 à la Ferme du Biéreau (LLN, complet), le 23/2 à l’Ancienne Belgique (Bruxelles).

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