Sale temps à l’hôtel El Royale : décevant

Le scénariste star Drew Goddard rejoue les sept salopards dans un hôtel paumé à la frontière du Nevada et de la Californie.

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Dans cette tragédie sur les rives du lac Tahoe, chaque personnage aura son rôle à jouer. Il y a le prêtre douteux (Jeff Bridges), la chanteuse soul (Cynthia Erivo), le vendeur d’aspirateurs (Jon Hamm), la hippie (Dakota Johnson) ou encore le réceptionniste (Lewis Pullman). Tous ont un point commun : ils ont l’air perdus et personne n’a véritablement envie de loger au El Royale. D’autant que la nuit risque d’être longue. 

Pour nous raconter l’histoire de ses sept personnages (deux invités mystères s’inviteront en cours de route), Drew Goddard, scénariste de Cloverfield, World War Z, Seul Sur Mars, les premiers épisodes de la série Lost, et réalisateur du très réussi La Cabane dans les Bois, n’hésite pas à piocher dans le cinéma de Quentin Tarantino. La narration éclatée offre à chaque personnage son moment de gloire, des panneaux viennent découper les 2h22 du film comme des chapitres, et la violence permet souvent de mettre un point final à de longs dialogues. 

Mais est-ce que se contenter de rassembler une liste d’ingrédients est suffisant pour réussir une recette ? Rien n’est moins sûr. Si El Royale divertit dans sa première heure, où le passé des personnages nous est dévoilé au compte-gouttes, la suite est moins surprenante, voire très répétitive. D’autant que le casting est plutôt inégal, oscillant entre le très bon d’un côté (Bridges, Hamm, Erivo) et le très mauvais de l’autre (Dakota Johnson n’est décidément pas une actrice convaincante). Certains personnages ne sont donc pas très intéressants et le simple fait de leur consacrer quelques minutes suffit pour pénaliser l’ensemble du film. 

Et puis il y a ces vingt dernières minutes, qui sonnent comme un aveu d’échec de la part du réalisateur, officiant également comme scénariste. À la manière d’un magicien sortant des lapins de son chapeau haut de forme, Goddard appelle de nouveaux personnages en renfort, afin de mettre un terme à cette nuit sanglante. Mais il est bien trop tard pour que ça fonctionne. Comme un puzzle auquel il ne manque aucune pièce, mais qui, une fois terminé, dévoile un visuel banal, l’histoire de Sale temps à l’hôtel El Royale tiens la route, mais s’avère terriblement ennuyeuse. 

 

Thriller

Sale temps à l’hôtel El Royale (Bad Times at the El Royale)

Réalisé par Drew Goddard avec Jeff Bridges, Chris Hemsworth, Dakota Johnson, Jon Hamm – 142’

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