The Predator : franchise à bout de souffle

La franchise Predator, débutée en 1987 par John McTiernan, est une nouvelle fois de retour. Et tant pis si elle est visiblement à bout de souffle. 

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L’histoire, vous la connaissez. Il y a l’armée d’un côté, les Predators de l’autre. Et pendant 1h40 c’est l’affrontement, où les victimes et les punchlines s’enchaînent à un rythme soutenu. La formule, appliquée avec succès par John McTiernan en 87, a depuis été copiée à de nombreuses reprises. Lors de la suite, sortie en 1990, puis dans le Predators de Nimród Antal en 2010 (sans oublier les deux horribles Alien vs Predator qu’on aimerait effacer de notre mémoire). Mais cette fois, ce n’est pas pareil. Du moins c’est qu’on espérait. Après tout, ce quatrième volet est signé par Shane Black, dont les précédents films (Kiss Kiss Bang Bang, Iron Man 3 et The Nice Guys) ont prouvé qu’il était aussi doué derrière une cameéra qu’à l’écriture de scénarios (on lui doit entre autres L’Arme Fatale, Le Dernier Samaritain ou Last Action Hero). De plus, Shane Black a joué dans le tout premier Predator (Rick Hawkins, c’était lui !). Autant d’éléments qui laissaient présager un retour aux sources pour la franchise. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. Du cinéma d’action des années 80, le réalisateur et scénariste n’a gardé que les pires clichés : personnages grossièrement définis (le religieux, le fou, le musclé, le méchant); dialogues et répliques débiles qui feraient passer Arnold Schwarzenegger pour un philosophe; et un pitch tellement bête qu’on se demande s’il ne s’agit pas d’une parodie (les Predator sont de retour, mais plus grands et plus forts). Et ce n’est pas mieux du côté du casting. Boyd Holbrook (Narcos, sur Netflix) peine à convaincre en soldat sur qui tout repose. Même son de cloche du côté d’Olivia Munn, la scientifique sexy dont la présence ne sert qu’à expliquer certains détails de l’histoire. Enfin Sterling K. Brown, pourtant excellent dans la série This is Us, se contente de jouer au méchant qui mâche son chewing-gum la bouche grande ouverte. Face à ce nouvel échec, on se repose alors la même question en boucle. Ne serait-il pas temps d’en finir avec cette franchise ?

 

Action

The Predator

Réalisé par Shane Black avec Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Olivia Munn – 107’

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