Black Power

Avec Blackkklansman, Spike Lee met un grand coup de pied au cul du racisme à la Trump.

blackklanman

Alors qu’on le pensait en pleine mort artistique, Spike Lee revient à la fois apaisé et énervé, et livre avec Blackkklansman, le film le plus cool de toute la sélection officielle du dernier festival de Cannes (pour lequel il remporte le Prix du Jury, 27 ans après Jungle Fever).

Doté d’une image « à grain » des années 70, une référence immédiate au cinéma de la Blaxploitation, mais qui donne indéniablement au film un look vintage très en vogue aujourd’hui (on pense à l’esthétique ultra-travaillée de l’excellente série The Deuce, également située dans les seventies), le film conte une ébouriffante histoire tirée d’un fait réel. Celle du policier afro-américain Ron Stallworth (excellent John David Washington – fils de Denzel et ex-footballeurqui a réussi l’exploit, avec la complicité de son partenaire Flip Zimmerman, un policier juif (toujours charmant Adam Driver), d’infiltrer un Klu Klux Klan à son plus haut niveau, « l’organisation » menaçant de prendre le contrôle de la ville.

Menant son récit sur le mode surréaliste, brassant les références du cinéma US sur fond de Ségrégation (d’Autant en emporte le vent à Birth of a Nation) et s’offrant l’une des meilleurs séquences d’ouverture de ces dernières années (Alec Baldwin parodiant les discours de Trump), Blackkklansman se regarde comme la réponse la plus cinglante et la plus drôle à ce racisme rampant qui a repris du poil de la bête (immonde) un peu partout aujourd’hui.

Jouant sur le fil du divertissement ultra-jubilatoire (le film assume à fond sa veine burlesque et kitsch) et de l’appel un peu terrifiant à la vigilance (à la fin du long-métrage, les images des violences suprémacistes blanches de Charlottesville à l’été 2017 font l’effet d’une méchante gueule de bois) avec une maestria confondante. Vive Spike Lee.

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