Roméo Elvis : « La politique c’est pas sexy »

Son post Instagram contre Theo Francken a fait plus de 43.000 likes.  Retour sur un gros coup de gueule.

Roméo Elvis © Belga Image

Vous avez publié un long post sur Instagram contre Theo Francken. Qu’est-ce qui vous a pris ?

C’est pas la première fois que je suis outré par des propos et des décisions de Francken, mais celle d’enfermer des enfants pour pouvoir les expulser m’a particulièrement énervé. Je me suis dit que j’allais utiliser mon compte Instagram, qui est très influent, pour autre chose que de la promo.

Vous le traitez de “crasse”. Vous avez hésité à utiliser le mot ?

Non, le mot a été choisi en rapport avec l’idée de Francken qu’il faut nettoyer la Belgique. “Crasse”, c’était une façon de retourner le truc sur lui. 

C’est quand même très injurieux !

Oui, je m’attendais à ce qu’on s’attarde sur le mot, mais il me semblait nécessaire pour que les gens réagissent.

Francken est très apprécié par une partie de la population…

Oui, bien sûr. En Flandre, à Bruxelles, mais en Wallonie aussi. Partout, quoi !

Votre post a été validé par certains, mal pris par d’autres… 

C’est le jeu des réseaux sociaux, je m’y attendais aussi. Les réseaux sociaux, c’est un défouloir, on connaît… 

Quelles ont été les réactions les plus virulentes à votre égard ?

Franchement, j’ai pas fait attention, ça ne m’a pas atteint… Ils se foutent de ma gueule parce que je suis un rappeur, et il y a beaucoup de trucs autour du côté “artiste bobo bien-pensant”.

C’est vous qui avez écrit le texte ou on vous a aidé ?

Non, c’est moi, tout seul. Si j’avais demandé de l’aide autour de moi, je sais qu’ils m’auraient déconseillé de le faire, mais ils sont quand même tous derrière moi…

Theo Francken a-t-il réagi ?

Oui, il a tweeté “Pour tous les rappeurs qui me traitent de crasse, je suis fan de hip-hop” avec un couplet de Lauryn Hill… 

S’il venait à un de vos concerts ?

J’en profiterais, je le ferais venir sur scène.

Si vous l’aviez devant vous, oseriez-vous le traiter de “crasse” ?

Non, j’aurais plutôt envie d’instaurer un dialogue et j’aurais plein de questions à lui poser. Je suis un artiste, je n’y connais pas grand-chose en politique, mais je suis curieux de savoir d’où viennent sa psychose des migrants et cette pulsion de vouloir virer tout le monde. J’ai peur de l’avenir politique en Belgique, et s’il y a moyen de conscientiser les jeunes…

Mais beaucoup de jeunes se foutent de la politique…

À fond ! Ça ne m’intéresse pas, mais je me dis que je vais devoir donner mon avis et ça me gave. La politique, c’est pas sexy… Mais si je peux influencer les jeunes qui ne savent pas quoi voter, je suis content.

Vous avez demandé à Laurent Bonfond, candidat du MR, de changer de slogan – “Ixelles arrive” qui faisait référence à votre tube Bruxelles arrive

Je l’ai appelé cordialement pour lui demander de retirer son slogan. Il l’a fait cordialement, mais il a quand même essayé de me dire que c’était pas un plagiat… Je lui ai dit qu’il devait l’enlever sinon il allait passer un mauvais quart d’heure sur les réseaux sociaux – même si je n’avais pas envie de le faire… Ses réseaux sociaux sont très pauvres et j’aurais pu ruiner son image en deux secondes, mais je n’en avais pas envie… J’ai pas envie d’être rattaché à un parti politique, et surtout pas le MR. 

Et si ça avait été le PS ?

J’aurais fait la même chose.

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