Le Swinging London de Michael Caine

Dans le documentaire My Generation, le comédien revient sur la révolution culturelle anglaise des années 60.

My Generation © Getty Images

Issu d’une famille pauvre du sud de Londres, l’aspirant comédien Michael Caine enchaîne des figurations avant de décrocher en 1964 son premier grand rôle – celui d’un lieutenant de l’infanterie britannique – dans le film Zoulou. “Ma carrière a été lancée grâce à ce film. Cy Endfield, le réalisateur américain qui m’a fait passer l’audition, ignorait sans doute qu’un officier anglais n’a pas d’accent cockney comme je l’avais et qu’un bon comédien britannique devait se réclamer de l’école shakespearienne, ce qui n’était pas mon cas.” Cette anecdote, racontée par la star anglaise dans le documentaire My Generation de David Batty, illustre à elle seule la révolution socioculturelle qu’a connue Londres au début des années 60.

Comme Michael Caine, les héros de ce que le Time Magazine a été le premier à baptiser le mouvement “Swinging London” venaient tous de la classe ouvrière, s’exprimaient dans un argot populaire et affichaient une attitude irrévérencieuse face au conservatisme hérité de l’Empire britannique. Oui, on parle des Beatles, des Rolling Stones, de la couturière Mary Quant qui a popularisé la minijupe, du photographe de mode David Bailey, du mannequin Twiggy et bien sûr de The Who (dont l’hymne My Generation avec la phrase culte “J’espère mourir avant d’être vieux”). On les retrouve tous ici en voix off et sur des images d’archives. “Nos parents ne s’étaient pas encore remis des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, il y avait la menace communiste, nous pensions que nous avions encore trois minutes à vivre et nous voulions en profiter”, déclare ainsi Paul McCartney sur des images de Beatlemania.

“Ce que nous avons vécu à Londres au début des années 60 est historique. Pour la première fois, l’avenir a été façonné par les jeunes”, souligne Michael Caine, narrateur et fil rouge de ce documentaire riche en témoignages mais découpé de manière un peu trop académique (un volet social, un volet musical, la mode, le cinéma…). Servi par une bande-son imparable, My Generation nous ramène dans les boutiques de Soho, les clubs de Leicester Square et les défilés des mods en scooter sur Piccadilly Circus. La mort de Brian Jones, l’embourgeoisement de ses icônes et l’utopie hippie de la fin des sixties sonneront le glas d’un mouvement dont l’héritage sera mis en valeur dans l’expo Revolutions : Records And Rebels 1966-1970 qui se tient dès le 24 octobre à l’ING Art Center, à Bruxelles.

My Generation, Réalisé par David Batty. Avec Michael Caine – 85′

Affiche My Generation © Prod

À voir aussi : Revolutions : Records And Rebels 1966-1970, du 24/10 au 10/3/2019. ING Art Center, Bruxelles.

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