Esperanzah! : Les raisons de la consécration

Trois jours de fête et d’engagement, du soleil, des concerts inoubliables et un plan contre le harcèlement  : la 17ème édition du festival restera dans les annales. À force d’abnégation et de saines réflexions, Esperanzah! est devenu un des rendez-vous incontournables de l’été. On vous explique pourquoi. Photo : Olivier Rinchard

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Une édition record

Chaque année, à l’heure des bilans, une question revient systématiquement. Le festival doit-il s’agrandir ? Du côté des organisateurs, la réponse demeure immuable. C’est un «  non  » catégorique. Pour sa 17ème édition, Esperanzah! a pulvérisé ses records de fréquentation. Avec plus de 37.000 personnes en trois jours, l’événement affichait complet de chez complet. Pourtant, ici, l’idée n’est pas de capitaliser ni de s’élargir. C’est une des forces d’Esperanzah! Malgré le succès, le festival reste une manifestation à taille humaine.

Sous le soleil exactement

Les aléas de la météo font partie de la vie d’un festival. Habituellement, en Belgique, il faut composer avec la pluie. Cette année, Esperanzah! a essuyé trois jours de canicule. Sous un soleil de plomb, il fallait éviter insolations et déshydratations, malaises et coups de bambou. Confrontées à ces fortes chaleurs, les équipes ont improvisé des brumisateurs et multiplié des sources d’eau potable. Bien vu.

Un festival singulier  

Face à la multitude de festivals belges et européens, Esperanzah! brille par sa programmation cohérente et éclectique. Là où d’autres manifestations présentent des affiches interchangeables, l’Abbaye de Floreffe propose des noms différents. Si Jain, Gaël Faye, Her, Mélanie De Biasio, Goran Bregovic, Gogol Bordello ou Bernard Lavilliers ont brillé, on s’est également régalé devant les concerts de Meute, Oum, Linker E Os Caramelows, Tshegue ou Mélissa Laveaux. Entre révélations et confirmations, Esperanzah! préserve son bien le plus précieux  : une identité artistique.

SACHA, ça va  ? Et vous  ?

Même si Esperanzah! n’est pas coutumier des cas d’agression ou de harcèlement sur son site, l’équipe du festival a profité de cette 17ème édition pour instaurer le plan SACHA (« Safe Attitude Contre le Harcèlement et les Agressions en festival »)  : une initiative unique en Belgique pour lutter contre un phénomène aux ramifications internationales… Plus de 2000 festivaliers se sont ainsi formés et informés pour lutter activement contre ce fléau. Un bon début.

Un événement tout-terrain

En marge des concerts, Esperanzah! se consacre aux arts de la rue. Cette année, plus de 200 personnes et une grosse vingtaine de compagnies ont ainsi animé les allées de l’Abbaye de Floreffe. Et puis, il y a des débats citoyens, du cinéma, une radio et un village entièrement consacré aux enfants – (très) petits ou (un peu plus) grands.

Un cadre féérique, une déco fantastique

Le succès d’Esperanzah! doit aussi s’appréhender à l’aune d’un site historique majeur. Si l’Abbaye de Floreffe est un écrin de rêve pour assister à des concerts, le lieu se pare également de jolis atours  : un imposant dragon en bois, de curieux collages sur les murs ou des personnages de BD sous un cloître. Ici, la décoration est soignée et consciencieusement étudiée. Esperanzah!, c’est stylé.

Photo : Olivier Rinchard

 

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