Charlotte : Glamour attitude

Nouvelle princesse de la dream pop, la chanteuse namuroise sort son premier album cet automne.  Portrait avant son passage aux Solidarités.

Charlotte © Prod

Robe rouge fendue, gestuelle gracieuse, regard qui transperce les sens, Charlotte salue une dernière fois le public spadois. Nous sommes le vendredi 20 juillet aux Francofolies. Malgré les enjeux (médias et tourneurs étaient au rendez-vous), malgré la pluie qui est venue perturber sa prestation, malgré le stress, la chanteuse namuroise de vingt-sept ans a marqué les esprits. “C’était une date importante pour moi”, nous confie-t-elle quelques minutes après avoir quitté la scène. “Les Francos ont toujours fait figure de rendez-vous incontournable de l’été en matière de chanson française. Mon premier souvenir du festival remonte à dix ans lorsque j’’étais venue voir mon père qui était programmé dans le parc de 7 Heures.”

Comme Angèle, Charlotte est “une fille de”. Comme Angèle, Charlotte évite d’en parler. Ses parents, Muriel Dacq (souvenez-vous le tube Tropiques en 1986) et Alec Mansion, ont, du reste, l’intelligence de ne pas trop s’en mêler. “J’ai composé ma première chanson à l’aide d’un logiciel voici deux ans. Je l’ai fait écouter à ma mère qui a trouvé ça plutôt “bof bof”. Il m’a fallu six mois pour que je me remette à composer. Depuis cet épisode, mes parents n’interfèrent plus trop dans mon projet mais ils sont à 100 % derrière moi.”

Pour Charlotte, le déclic de la musique est arrivé sur le tard. “J’ai combattu ma timidité en suivant des cours de danse pendant douze ans. Betty, ma petite sœur était plus douée que moi. Un jour, mon père m’a demandé de l’accompagner à Paris où elle devait suivre un stage d’été au cours Florent. Finalement, les profs m’ont proposé également de m’inscrire et de suivre un cycle complet d’études artistiques. À mon retour en Belgique, j’ai décidé de tenter ma chance dans la chanson. Betty, elle, est devenue chorégraphe.”

Rêve et mystère

Sans trop jouer la carte des réseaux sociaux comme le font beaucoup d’artistes de sa génération, Charlotte a réussi à imposer son univers avec trois singles : Pars, Ta Peau, Fuis. Des titres courts, des refrains entêtants, des textes énigmatiques et des mélodies qui naviguent entre électro aérienne et dream pop vaporeuse. La jeune femme est épaulée par le producteur R.O. (Konoba), enregistre au studio M du multi-instrumentiste Nicolas d’Avelle, est managée par Alex Germys et réalise elle-même ses clips dont les story-boards oniriques sont illuminés des chorégraphies signées par sa frangine Betty.

Trains, Charlotte © Prod

Le modèle de Charlotte n’est pas Lana Del Rey à qui on la compare souvent mais bien Daughter, trio anglais de pop indie emmené par la chanteuse Elena Tonra. “Pour moi, c’est le groupe ultime. J’aime la musique, la sensibilité d’Elena, la mélancolie de ses textes et cette manière d’exprimer son ressenti tout en conservant une part de mystère. J’ai eu un parcours de vie assez compliqué et je me retrouve parfaitement dans leur musique. Dans mes chansons, il y a un côté très dark mais j’essaye aussi de transmettre une énergie positive pour que les gens se sentent moins seuls. Comme moi, je me suis sentie moins seule en écoutant Daughter.”

La suite ? Après les festivals, Charlotte annonce un nouveau single (“un truc up-tempo, plus radiophonique”).  L’album est attendu cet automne chez Sony Music. “J’ai treize chansons qui sont prêtes. Pourquoi attendre ?“ Oui, pourquoi ?

Le 16/8, Brussel Summer Festival, Bruxelles.
Le 25/8, Les Solidarités, Namur.

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