TW Classic 2018: 3D pour Kraftwerk et nouveau guitariste pour dEUS

Les vétérans allemands ont offert un concert best of en trois dimensions dans la plaine de Werchter. dEUS y a aussi présenté Bruno De Groote au cours d'une prestation intense. Débrief.

kraftwerk3d

Quarante mille personnes ont assisté ce samedi à l’édition 2018 de TW Classic, festival à affiche hybride qui se déroule une semaine après le « gros » Rock Werchter. Les Anglais Editors y avaient le statut de tête d’affiche, The National a livré un set beau, calme et sobre, tandis que Richard Ashcroft, ex-The Verve doit encore se demander ce qu’il est venu faire dans la plaine ensoleillée du Brabant flamand. Deux autres concerts ont retenu toute notre attention.

Le dessert  dEUS

« Nous espérions être l’apéro de la grande finale avec les Diables Rouges. On se contentera d’être le dessert de la petite finale », s’exclame Tom Barman en début de son set. dEUS monte sur scène quelques secondes après le coup de sifflet final du match Belgique-Angleterre et est a accueilli comme le messie. Tout de blanc vêtu, Barman lance les hostilités avec une version impeccable de If You Don’t Get What You Want. Le son est énorme, la section rythmique claque, le violoniste Klaas Janzoons s’est enrobé dans un drapeau belge, mais c’est un autre musicien qui suscite tous les regards. Pour Bruno De Groote, remplaçant du guitariste Mauro Pawlowski, il s’agit en effet d’un baptême du feu. 

Bruno De Groote  n’a pas l’attitude et la flamboyance de son prédécesseur et est quelque peu mal à l’aise sur les premiers morceaux. Mais sous les encouragements de Tom et du public, le guitariste se libère enfin sur Instant Street, morceau qui déclenche réellement les hostilités. Theme From Turnpike suit, avec Quatre Mains, Sun Ra, une très belle interprétation du ressuscité Hotellounge (Be The Death Of Me) et le nerveux Bad Timing qui ouvrait leur album Pocket Revolution (2005). Le concert monte en puissance et il n’y a aucun temps mort. Oui, dEUS  n’a rien perdu de son urgence au fil de toutes ses réincarnations et reste toujours impressionnant en live. Les frissons nous gagnent lorsque Klaas joue au violon l’intro du cultissime Suds & Soda mais un roadie fait signe à Tom Barman que le groupe doit arrêter. A Werchter, l’heure c’est l’heure. Même pour dEUS. Incompréhension totale du public qui attendait « sa » chanson et seule fausse note d’une prestation intense. dEUS sera au Brussels Summer Festival le 17 août (place des Palais). Un grand moment en perspective avec, c’est promis, une version complète de Suds & Soda.

Kraftwerk

Comme à Rock Werchter avec David Byrne, ce sont des papys qui ont livré le concert du futur ce samedi. On parle bien sûr de Kraftwerk qui a proposé un  best of de nonante minutes en 3D. 40.000 paires de lunettes avaient été distribuées à l’entrée. Figés comme des robots (of course) derrière leur clavier, les membres de Kraftwerk (ou leurs clones ?) bidouillent comme s’ils étaient dans leur laboratoire de Düsseldorf. Sur les grands écrans défilent des images de l’Allemagne industrielle, des voitures, des autoroutes, des trains, des ordinateurs, des centrales nucléaires, des chiffres, des lettres, des coureurs cyclistes dans le Tourmalet… Autant de références à leur répertoire (Autobahn, Computer Love, Radioactivity, Tour De France, Trans Europe Express, Spacelab, Robots). L’effet 3D a ses limites pour les spectateurs relégués sur les côtés de la scène. Mais lorsqu’on est face aux écrans géants, c’est impressionnant. Sur la scène, pas un câble qui dépasse, pas une fausse note, pas un mouvement, pas un bonjour ou un au revoir. Tous les codes du live sautent en l’air. Music Non Stop comme ils le chantent…  Les 40.000 spectateurs restent scotchés devant ce spectacle et ces chansons électro qui n’ont pris aucune ride.
Photos : Koen Keppens et Kris Verhelst For TW Classic Copyright.

 

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