Claire Chazal : “Une image de moi…”

Icône du 20 heures, vedette de la télé populaire, personnage de la presse people, elle a imposé son visage et sa voix… pour encore très longtemps. Être débarquée par TF1 n’a pas suffi à ternir sa célébrité et son envie d’être dans le jeu. La preuve par Puisque tout passe, son dernier livre.

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Après 24 ans de bons et séduisants services, TF1 – qui s’est longtemps targuée de produire les JT les plus regardés d’Europe – se sépare de Claire Chazal, figure embléma- tique de la chaîne. Pour la journaliste, c’est un choc. Mais on ne balance pas ainsi des années d’un lien puissant qu’on a forgé avec les télé-spectateurs. Et s’il y a bien une personnalité qui a expérimenté cette relation privilégiée, c’est Claire Chazal, devenue emblème populaire. On la cite dans des chansons de camping (“Il est vraiment phénoménal, dans le journal de Claire Chazal”), on l’attend en couverture des magazines people (Voici s’était fait une spécialité estivale de publier des photos d’elle seins nus sur la plage), on suit le feuilleton de ses amours (Patrick Poivre d’Arvor, le directeur adjoint de TF1 Xavier Couture, le comédien Philippe Torreton, le mannequin belge Arnaud Lemaire)… Bref, Chazal n’est pas qu’une journaliste, elle est aussi un objet de curiosité.

Même sortie du 20 heures de TF1, Claire Chazal n’arrive pas à retrouver l’ombre. Sans doute n’en a-t-elle pas envie, elle qui multiplie les apparitions professionnelles… Elle est à la radio depuis 12 ans (Radio Classique) où elle a tendu sa carte de visite de spécialiste de la culture. Cette culture qui l’anime. Cette culture dont elle veut faire son nouveau flambeau grâce à la présentation de l’émission Entrée libre. Cette curiosité qui la pousse à accepter un remplacement – celui de Christine Angot – dans On n’est pas couché. Cette curiosité qui fait circuler son nom comme celui d’une candidate au poste de chroniqueuse dans le même On n’est pas couché

Auteure de deux romans (L’institutrice, À quoi bon souffrir?), Claire Chazal a décidé de reprendre la plume pour livrer Puisque tout passe, carnet d’impressions sur une vie – la sienne – pas comme les autres. Un livre à travers lequel la journaliste la plus célèbre de France flirte avec l’autobiographie, relate faits et gestes personnels et aborde des rives très    intimes (son fils, ses amours, ses angoisses). L’occasion de rencontrer celle qui a laissé à l’histoire de la télévision une voix, un visage, un style, mais aussi beaucoup de souvenirs aux téléspectateurs qui, c’est vrai, ne sont plus ceux qu’ils étaient…

Vous avez la réputation d’être une femme discrète. Dans Puisque tout passe, vous vous dévoilez. Pourquoi cette démarche?

Ce n’était pas une démarche pour me dévoiler, c’était une urgence: mettre des mots sur des douleurs et une période charnière de ma vie – l’année 2015. L’année où TF1 s’est arrêtée et où je perds mes parents. Pour combler ce vide, j’ai écrit pour moi, sans me dire que ce serait un livre.

Vous aviez fait interdire une biographie  romancée – Derrière l’écran – et on dit que vous n’avez pas apprécié Claire Chazal, une passion française. Votre livre est-il un droit de réponse, un moyen de rétablir quelques vérités?

C’était une interview romancée, je n’ai pas voulu la faire interdire, je n’ai pas voulu y collaborer… Et non, ce n’est pas un droit de réponse, je n’ai même pas lu ces livres. Que les gens se soient forgé une image de moi, je le comprends puisque je suis un personnage public, j’entrais dans 10 millions de foyers cinq fois par semaine! Je n’ai pas cherché à modifier cette image, j’ai juste cherché à entrer en  dialogue avec moi-même.

En 1991, j’ai 34 ans  et trois chaînes me proposent un 20 heures.

Vous qui avez été une des premières femmes  à occuper un poste réservé aux hommes, avez-vous dû vous battre pour vous imposer?

Je ne dirais pas ça, et j’ai eu d’autant moins besoin de me battre que les responsables de chaînes avaient envie de féminiser les antennes et j’en ai profité. Je commence à la télé en 1988, mais en 1991 on me confie le 20 heures. En 1991, j’ai 34 ans et trois  chaînes me proposent leur 20 heures. Trois chaînes, ça signifie que l’envie de féminiser l’antenne est réelle… Dans une rédaction, on a toujours moins de salaire qu’un homme qui fait le même travail, mais je n’ai pas eu le sentiment d’exercer un métier machiste, je ne me suis pas sentie discriminée.

Vous avez fait vos débuts en presse écrite. Pourriez-vous y revenir?

Pourquoi pas… Ça me plaît beaucoup, mais de là à occuper un poste à plein temps dans la presse écrite, je ne sais pas… Je ne cherche pas forcément à me montrer, j e veux exercer mon métier dans ce qui m’intéresse le plus aujourd’hui, la culture.

Puisque tout passe, Claire Chazal, Grasset, 198 p.

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