Rock Werchter: l’hommage original de Pearl Jam aux Diables Rouges

Généreuse, fédératrice, inspirée et originale, la formation de Seattle a signé le concert parfait ce samedi.

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Il n’y avait qu’eux pour se fendre d’un tel hommage. En choisissant de reprendre I Believe In Miracles (« Je crois aux miracles ») des Ramones, Eddie Vedder et sa bande ont montré bien plus qu’un signe de soutien à nos Red Devils. Ils ont fait preuve de goût en choisissant un morceau qui est autant représentatif  de leur propre trajectoire que du parcours des Belges au Mondial.

Tout au long de sa prestation, ce samedi en tête d’affiche de Rock Werchter, Pearl Jam a rappelé qu’il était détenteur, avec des Bruce Springsteen, Bob Dylan, Jack White et autre Neil Young, d’une éthique rare. A l’heure des concerts eu formule copié/collé, à l’heure où une clef USB ou un light-show pousse un artiste à « caler » son concert  à la seconde près, Pearl Jam n’oublie pas la vraie définition du terme « live ».

Imagine

Voilà un groupe qui adapte chaque soir son répertoire en fonction des circonstances. Voilà un groupe qui joue comme s’il s’agissait à chaque fois de son tout premier concert. Ou du dernier. Celui où il faut tout donner, celui où il ne faut pas calculer. Voilà un groupe qui s’intéresse aux autres artistes qui partagent l’affiche. Avant sa performance flamboyante, Eddie Vedder est ainsi venu chanter en fin d’après-midi avec le surfer/songwriter Jack Jonhson. Il a invité à son ce même Jack Johnson sur Imagine, le classique des classiques de Lennon illuminé par des milliers de smartphones.  Ode de Pearl Jam à la gloire du disque vinyle, le très punk Spin The Black Circle a été dédié à Jack White qui jouait juste avant sur la Main Stage. En rappel, l’attendu Alive, livré dans une version époustouflante, a été  « offert », pour sa part, à Nick Cave que l’on verra ce dimanche à Rock Werchter. Quelle générosité, quel altruisme, quel respect. Avouez que ce n’est pas courant.

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Culte

Avec les années, les chansons de Pearl Jam dévoilent aussi leur intemporalité et leur universalité. Disque culte pour toute une génération, l’album « Ten »  (sorti en 1991 et écoulé à  plus de dix millions d’exemplaires rien qu’aux Etats-Unis) nourrit encore largement la setlist avec pas moins de sept extraits. A raison d’ailleurs car des chansons comme Jeremy (inspiré du suicide d’un lycéen devant sa classe), Even Flow (sur les laissés pour compte de l’Amérique capitaliste), Why Go (sur les traitements en milieu psychiatrique) ou encore Once (sur la dépression des ados) parlent encore à un nouveau public.

Simplement éblouissant 

De ce concert, nous retiendrons encore les versions d’Even Flow, ce Kick Out The Jams du MC5 repris avec Wayne Kramer (MC5) et Kim Thayil (Soundgarden) ou encore un Given To Fly de derrière les fagots.  C’était la cinquième fois que Pearl Jam se produisait à Rock Werchter. C’était leur cinquième sans faute. Eblouissant, tout simplement.

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Reportage photo : Mathieu Golinvaux

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