On a vu Johnny Depp au Graspop

Le pirate des Caraïbes se produisait avec Hollywood Vampires ce dimanche à Dessel. Moustique était dans la place et vous raconte.

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Bagouzes aux doigts, tatouages aux avant-bras, chaînes avec tête de mort en argent qui tapissent le torse en sueur, chemise noire ouverte jusqu’à l’abdomen et bandana…  Johnny Depp croise le look de Jack Sparrow et celui d’Axl Rose lorsqu’il monte sur la scène principale du Graspop Metal Meeting, ce dimanche, à Dessel, peu avant 20h.00. Dans la plaine limbourgeoise ensoleillée, on a rarement vu autant de jeunes femmes se presser aux premiers rangs. Mais les mecs ne sont pas non plus indifférents au spectacle.  Imaginez donc: une star hollywoodienne accompagnée de deux légendes du rock:  le guitariste d’Aerosmith Joe Perry étincelant dans sa chemise rouge et Alice Cooper au regard toujours aussi démoniaque, soit deux figures aussi marquantes pour leur pédigrée musical que pour leurs excès toxiques et alcooliques.

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Quand les trois lascars ont décidé avec quelques autres copains glam de Los Angeles d’enregistrer en 2013 un disque (essentiellement des covers) sous le nom d’Hollywood Vampires, tout le monde a cru à une petite récréation de millionnaires en manque de sensations. Cinq ans plus tard, l’interlude divertissant s’est transformé en machine à tourner. Depuis le début du mois, le groupe passe d’un festival metal à une salle en Europe. Tout le monde rigole, tout le monde trouve ça nul, mais c’est rempli partout, les dollars tombent et ça fonctionne plutôt bien.

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Alors oui, c’est vrai, sur scène, The Hollywood Vampires n’est qu’un groupe de karaoké. Mais les mecs jouent bien, s’amusent, se font des blagues et se montrent généreux. Johnny Depp est un tout bon guitariste. Pas de doute là-dessus. Il chante aussi et c’est plutôt moyen, mais ça le fait. Sa reprise du Heroes de Bowie marque les esprits. Il sourit tout le temps, a une classe folle pour dérouler ses riffs et, bon client pour les addicts des photos souvenirs et autres vidéos à poster sur YouTube, Johnny n’hésite pas à prendre la pose à gauche et à droite du podium.  Alice Cooper reste toujours en voix  et le toxic twin Joe Perry enfile les solos comme Lukaku empile les buts en Russie. Bref, tout le monde fait son boulot.

Introduite par le fameux Bela Lugosi’s Dead de Bauhaus, la prestation des vampires d’Hollywood évoque beaucoup de disparus. Le Five To One des Doors avec une pensée pour Jim Morrison, une version un peu bof bof de de The Jack d’AC/DC en souvenir de Bon Scott noyé dans son vomi par une journée de l’hiver 80’ et un hommage à Lemmy de Mötörhead avec un Ace Of Spades accueilli comme il se doit par le public du Graspop.  Quoi de plus improbable aussi qu’un papy de septante balais (on parle bien sûr de Vincent Damon Furnier, alias Alice Cooper) qui nous chante « J’ai dix-huit ans et j’aime ça » (sur I’m eighteen ) et  « L’école est finie »  (School’s Out) comme s’il sortait de son bahut du Michigan.

Pour les fans de rock, la setlist est un best of (avec aussi Babe O’Riley The Who ou encore le Sweet Emotion d’Aerosmith) mais le Johnny B. Goode se plaît aussi à déterrer des pépites plus obscures comme le très punk People Who Died de The Jim Caroll Band. Comme choix, c’est mieux que le Don’t You (Forget About Me) de Simple Minds et le Faith de George Michael revisités une heure plus tôt sur la même scène par Limp Bizkit.  On a aussi beaucoup rigolé au moment des présentations lorsque c’est le rappeur Ice T (venu avec son groupe hardcore Bodycount) qui est venu saluer la foule au moment où Alice Cooper introduisait Johnny Depp. Quelle bande de petits comiques… 50.000 Belges pourront dire « J’y étais » et ça restera pour tous un très bon souvenir. It’s only rock and roll but we like it.

Photos: copyright Mathieu Golinvaux

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