Graspop 2018: les raisons du succès

L’édition 2018 a été celle de tous les records avec 220.000 spectateurs. Organisation impeccable, public respectueux et plein de bonnes idées. Moustique fait le débrief et vous dit pourquoi il faut y aller l'année prochaine.

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Pour la première fois de son histoire pourtant riche de vingt-trois éditions, le Graspop Metal Meeting, qui s’est déroulé à Dessel (Limbourg) du jeudi 21 au dimanche 24 juin, affichait complet avant même que le premier groupe ne foule l’une des scènes. Au total, ce sont 220.000 spectateurs qui ont rallié ce grand rendez-vous metal pas comme les autres. 120 groupes étaient programmés et pas moins de 91 pays étaient représentés sur le site. On vous dit pourquoi il ne faudra pas rater l’édition 2019.

Une recette gagnante

Le Graspop, c’est une recette simple mais gagnante. Une légende fédératrice en tête d’affiche chaque soir (Guns N’Roses, Iron Maiden, Ozzy Osbourne, Volbeat cette année) et des artistes qui ratissent dans tous les sous-genres du metal, peu importe le style, les années d’existence, le statut, les goûts et les couleurs. C’est la grande force de ce festival. Ici, pas de buzz, pas de snobisme intellectuel, de « les Inrocks trouvent ça super»  et de prise de tête. Au Graspop, le jeune groupe hardcore local est aussi bien accueilli que Johnny Deep, une chanteuse gothique italienne ou le rappeur californien Ice T venu avec sa formation Body Count.

Un public respectueux

Il n’y a pas plus correct que le public du Graspop. Ici, un biker tatoué et bâti comme un viking va présenter ses excuses s’il vous marche sur les pieds. Les bières sont faites pour être bues jusqu’à la dernière goutte et non pour être balancées sur la tête des gens. On fait la  queue sans resquiller pour aller acheter sa fricadelle. Les personnes à mobilité réduite sont amenées à bout de bras sur les devants de la scène avec applaudissements et encouragements des spectateurs. Pas une fois, on entend « à poil » lorsque une femme est sur scène.  Et lorsque les fans se plongent dans un mosh pit infernal, les codes du jeu sont respectées à la lettre. Trop cool.

Un public de mélomanes

Le public du Graspop vient pour la musique. Chaque spectateur porte un T-shirt à l’effigie de son groupe préféré (et vu comme ça, Iron Maiden reste le numéro un absolu), mais va voir tous les autres artistes avec un a priori positif.

Une expérience extra-musicale

Plusieurs initiatives méritent d’être soulignées. C’est déjà le cas à Werchter, mais le Graspop a aussi inauguré le système de visite du backstage pour le public. Le spectateur, qui s’est inscrit au préalable, a droit à se promener dans un espace qui est l’objet de tous les fantasmes. Visite du catering Artistes, des loges (qui restent fermées et surveillées), mais aussi des bureaux de production et de l’arrière de la scène. Situé à côté du grand podium, le stand de dédicaces n’a jamais désempli durant quatre jours. C’est gratuit. Les artistes jouant le jeu passent une heure à signer des bouts de papier et serrer des mains. Mais pour un fan de metal, c’est quelque chose de sacré. Tout aussi sacré, le passage obligatoire au stand merchandising pour acheter le nouveau t-shirt (35 euros en moyenne) de la tournée ou l’écusson de Megadeth à coudre sur la veste en jeans.

Le bon timing

Au Graspop, les deux scènes principales sont dressées l’une à côté de l’autre. Quand un groupe a fini de jouer sur la scène 1, un autre investit le podium 2 dix minutes plus tard. La foule se glisse de quelques mètres et s’est reparti pour un déluge de décibels. Il en résulte beaucoup plus de fluidité sur le site.

Fuck les clichés

Ceux qui pensent que le rock à guitares est mort, que le metal n’intéresse qu’une poignée de vieux mecs  bouseux et que plus personne n’achète des albums en format physique devraient aller voir ce qui se passe au Graspop en 2019.

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