Guns N’ Roses enflamme le Graspop

Trente ans après la sortie d’"Appetite For Destruction", la formation américaine a toujours les crocs.  On vous dit pourquoi.

20180621gunsnr-4Mathieu Golinvaux

Un an après avoir enflammé la plaine de Werchter et quelques jours avant la réédition, dans tous les formats imaginables, de leur premier album « Appetite For Destruction » paru voici trente ans, Guns N’ Roses était la tête d’affiche de la première des quatre journées complètes du Graspop Metal Meeting à Dessel. Et comme à TW Classic, les 60.000 fans ont eu droit en ce solstice d’été à un concert marathon (plus de 3 heures, une trentaine de morceaux) qui n’a rien oublié avec des tubes, des solos, des covers, des ballades pour enlacer sa belle et des salves épiques pour se déchaîner.

Rabiboché après d’interminables querelles d’égo, les Guns toucheraient 3 millions de dollars pour chacune des prestation de cette tournée de reformation à rallonge. Certains diront qu’à ce tarif-là, c’est la moindre des choses que de mouiller son maillot. Pourtant, on en connaît d’autres qui ne font pas cet effort. Non, on ne balancera pas. Mieux encore, malgré une setlist qui n’a guère évolué depuis le début de la tournée, le groupe emmené par Axl Rose  met de l’enthousiasme, de la passion et du plaisir dans sa tâche qui consiste à la fois à rappeler qu’il a été au sommet du monde à la fin des années 80 et qu’il a encore des choses à exprimer aujourd’hui. Un exemple parmi d’autre : Rocket Queen, dernier morceau de l’album « Appetite For Destruction », qui est complètement réinventé sur scène grâce aux prouesses du guitariste Slash et à l’interprétation d’Axl Rose.

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Pareil pour Welcome To The Jungle chanté en début de set et Paradise City qui le clôture. Chansons emblématiques des Guns qui y décrivent à coups de métaphores salaces le Los Angeles de tous les excès, elles gardent ce pouvoir ensorcelant grâce à la force de frappe des musiciens.  Chacun des trois Guns originaux a aussi réussi à imposer ses petits plaisirs coupables sur cette tournée.  Toujours aussi élégant, le bassiste Duff McKagan  a droit ainsi à son solo de basse sur les devants de la scène et sa cover du groupe punk Misfits Attitude (qu’on retrouvait sur l’album « The Spaghetti Incident »). Entre deux changements de chemise à carreaux, Axl Rose  a son moment Elton John sur la très longue intro de November Rain. Quant à Slash,  il prend son pied sur les covers instrumentales de Speak Softly Love (le thème principal du film Le Parrain composé par Nino Rotta) ou celle, particulièrement réussie,de Wish You Were Here de Pink Floyd.

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Aux grands classiques de son répertoire (It’s So Easy, Mr. Brownstone, You Could Be Mine, Civil War, Don’t Cry, Patience, Nighttrain,…), les Guns ajoutent aussi les hommages (Black Hole Sun de Soundgarden, Live  And Let Die des Wings l’inévitable Knockin’ On Heaven’s Door de Dylan) et des petites surprises (Wichita Lineman de Jimmy Webb, The Seeker des Who). Oui, Guns N’ Roses, c’est un peu tout ça. Du rock, du karaoké, de l’attitude… Et même si Axl ne sait pas monter aussi haut qu’avant, que le show est calé « à l’américaine » et que nous regrettons personnellement l’absence du guitariste rythmique Izzy Stradlin, on a pris notre pied comme tous ceux qui étaient présents à Dessel.

Reportage Photo: Mathieu Golinvaux

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