Bouli Lanners en homo veuf dans « Troisièmes noces »

Une comédie touchante de David Lambert.

Bouli Lanners et la comédienne congolaire Rachel Mwanza. ©Prod

Au bord du gouffre, Martin (Bouli Lanners), homosexuel en deuil et au chômage, accepte un mariage blanc avec Tamara (Rachel Mwanza découverte dans Rebelle), une jeune femme en quête de papiers. Tandis que Martin s’attache peu à peu à Tamara, les autorités migratoires (Jean-Benoît Ugeux et Virginie Hocq en policiers clownesques) enquêtent sur la véracité de cette union. Pour son troisième long métrage, l’Ardennais David Lambert (Entre les murs, Je suis à toi) adapte un livre caustique du Flamand Tom Lanoye: “J’avais découvert le livre grâce au festival de l’Intime de Namur – je l’avais dévoré en un week-end, il m’avait fait rire aux éclats. Mais c’est surtout la trajectoire de transmission de Martin par rapport au personnage de Tamara et aux générations futures qui m’a touché”, raconte David Lambert qui a réécrit son film pour Bouli, avec l’idée que le cinéaste des Géants pourrait “envoyer” en ours gay. 

De son côté, Bouli Lanners est entré dans l’univers du cinéaste et s’y découvre fragile et brut comme on aime dans la peau de Martin, assumant avec grâce sa part féminine doublée d’un engagement humaniste qui n’est pas étranger à l’acteur-réalisateur qu’on sait très mobilisé par la cause antinucléaire: “J’assume totalement ma part féminine, je ne suis pas un homme fait que de testostérone. Globalement je suis pour l’explosion des genres, mais contre l’idée de caste. Ce qui me plaisait surtout dans le rôle de Martin, c’est de jouer un veuf qui porte une tristesse. Ça aurait été plus dur de jouer un homo amoureux, mais mon modèle c’était David, sa gestuelle, ses mains”, nous confie Bouli.

Il en ressort une comédie touchante bien qu’inégale qui tente de sortir de certains clichés de représentation. “Il ne s’agit pas d’un film militant mais d’une comédie, même si je suis conscient qu’un héros gay et veuf ça reste une représentation pas commune sur grand écran en 2018. Pareil pour le personnage de Tamara, je n’ai pas voulu la stigmatiser comme “migrante”, mais lui permettre la comédie, lui donner droit au vaudeville, à la truculence, j’espère y être parvenu”, poursuit David Lambert.

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