Le premier album de Glass Museum touche du doigt la perfection

Le duo tournaisien marie classique, jazz et électro.

Glass Museum ©Gaëtan Streel

Juillet 2016. Martin Grégoire et Antoine Flipo donnent la première interview de leur carrière. Et c’est pour Moustique. Nous sommes dans le backstage du Dour Festival. Sous le nom Glass Museum (le titre d’une chanson de Tortoise), ce duo a gagné le Tremplin Dour et s’apprête alors à jouer sur la bien nommée scène Le Labo. Il s’agit de leur deuxième concert officiel. Malgré la nervosité et l’heure peu propice, Glass Museum impose déjà son univers. “On en reparlera”, écrivons-nous alors.

Deux ans plus tard, Glass Museum publie “Deux”: un album instrumental de six longues plages enivrantes, aux frontières du néoclassique, du jazz et de l’électro. Les garçons responsables de ce soundtrack imaginaire sont originaires de Tournai. Martin est batteur et a fait ses premières armes dans le pop/rock. Il étudie à l’ULB. Antoine, c’est le scientifique qui fait l’agro à Gembloux et a étudié le piano à l’académie. “Deux” est le fruit de leur complémentarité. “Tout notre projet artistique est basé sur la dualité, explique Martin. Sur scène, on joue face à face. Il n’y a pas plus différent qu’un piano et une batterie. Nous confrontons les sons organiques et les percussions, le jazz et le classique, la rigueur mathématique et l’improvisation. Dès le départ, nous savions que Glass Museum était un ovni sur la scène musicale et nous nous attendions à ne toucher qu’une niche. À notre grande satisfaction, on nous invite dans des festivals mainstream comme le BSF ou Les Ardentes.”

Aussi pointue soit-elle sur le papier, la musique de Glass Museum est effectivement accessible à tous. Entre Nils Frahm, Érik Satie, Yann Tiersen ou Gogo Penguin, les compositions de Glass Museum possèdent des vertus apaisantes. Exemples avec The Opening, qui évoque l’atmosphère de la série Stranger Things, Shadow’s Faces traversé d’un solo de trompette jazz ou encore avec l’envoûtant Waves nappé d’électro minimaliste. “Tout en privilégiant une démarche aventureuse, notre musique n’est pas dissonante et se base sur des lignes mélodiques fortes”, souligne Martin. Signe de nos temps modernes, “Deux” ne passera sans doute jamais à la radio alors qu’il est l’album belge le plus euphorique sorti depuis le début de l’année. Partez vous-même à sa découverte. Vous ne le regretterez pas.

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