Deadpool 2 : Se moquer, oui, mais uniquement des autres

L’antihéros Marvel fait son grand retour dans un film qui continue de se moquer du genre, quitte à se faire prendre à son propre jeu.

Deadpool 2 © Twentieth Century Fox France

Alors que la Fox devrait très prochainement se faire avaler par le géant Disney (qui possède déjà, rappelons-le, Pixar, Lucasfilm et Marvel), Deadpool 2 semble être le dernier espace de liberté pour le personnage incarné par Ryan Reynolds. Sous son costume, l’acteur fume, jure, boit et se permet tout ce que le studio de Mickey ne verrait pas d’un très bon œil. 

Comme un sale gosse qui ricane après une blague douteuse, le film enchaîne alors des scènes à la fois drôles et vulgaires, à mille lieues des aventures classiques et prévisibles des X-Men et des Avengers. On retiendra notamment les nombreux moments de violence gratuite qui collent plutôt bien au personnage, la formation très drôle d’une nouvelle équipe de superhéros baptisée X-Force, les caméos et les nombreux clins d’œil à la concurrence (Deadpool n’hésitant pas à surnommer Cable, son nouvel ennemi, Thanos, les deux personnages étant interprétés par Josh Brolin). 

Deadpool © Prod.

Et l’histoire me direz-vous ? Et bien c’est là que le bât blesse. Car si Deadpool manie le second degré comme personne, l’ironie semble être un concept qui lui échappe totalement. Enlevez les blagues, les références à la pop culture et les membres arrachés et vous êtes face au schéma classique usé par tous les films de superhéros. Soit une simple histoire de rédemption, où l’amour et la famille triomphent sur le mal. Ryan Reynolds peut regarder la caméra autant de fois qu’il le souhaite, pointant les grosses ficelles utilisées par les scénaristes, cela ne sauve pas un scénario banal, voire daté. 

Il y a donc deux façons d’envisager Deadpool 2. Comme un film de superhéros qui ne s’assume pas, et se cache derrière des blagues tellement grasses qu’elles rendraient fier Jean-Marie Bigard (mention spéciale à la scène inspirée de Basic Instinct, summum du mauvais goût). Ou comme un divertissement sans prétention, où tout l’intérêt se trouve dans les répliques cinglantes du personnage, ce qui permet de ne pas trop se focaliser sur l’histoire.

Comme pour le premier film, nous avons choisi la deuxième option in extremis. Deadpool 2 est suffisamment rythmé et drôle pour nous faire oublier l’espace d’un instant ses aspects négatifs. Mais si un Deadpool 3 doit voir le jour, il faudra absolument revoir la copie. Ou apprendre à manier l’ironie. 

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