Benedict Cumberbatch, Westworld et la Croisette pour l’égalité salariale

L’acteur britannique Benedict Cumberbatch a décidé qu’il ne s’investirait désormais que dans des projets où ses partenaires féminines sont payées autant que lui. Car derrière le fantasme hollywoodien, les inégalités salariales dominent encore largement la production cinématographique.

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Il préfère le yoga à l’alcool et s’est récemment insurgé du faible nombre de réfugiés accueillis au Royaume-Uni. Aujourd’hui, Benedict Cumberbatch (Sherlock, Avengers : Infinity War, Patrick Melrose) fait à nouveau figure d’exemple en s’engageant à refuser tout projet dans lequel ses co-stars féminines ne seraient pas autant payées que lui. « L’égalité salariale est l’un des principes centraux du féminisme. Regardez vos quotas, demandez combien les femmes sont payées et dites : “Si elle n’est pas payée autant que les hommes, je ne le fais pas“ », a-t-il déclaré. L’acteur se dit également fier que sa société de production SunnyMarch ne se compose que de deux hommes (Adam Ackland et lui-même) ; le reste de l’entreprise est géré par des femmes. « Notre prochain projet est une histoire de femmes et offre un regard féminin sur la maternité. Si c’est centré autour de mon nom pour attirer les investisseurs, nous pourrons tout de même utiliser cette attention médiatique pour une série de projets féminins ».

Récemment, de nombreuses fictions ont été accusées de ne pas payer autant leurs actrices que leurs acteurs. Ainsi, l’actrice principale de The Crown Claire Foy a été payée 11 000 € de moins par épisode (!) que son partenaire Matt Smith (que l’on voit nettement moins à l’écran d’ailleurs). La société de production Left Bank Pictures a présenté ses excuses à la star et lui a fourni 230 000 € en guise de compensation. Fin avril, c’est l’actrice Evan Rachel Wood qui annonçait dans le talk-show de Jimmy Fallon qu’elle allait enfin bénéficier d’un salaire égal. « Cela n’a pris que 25 ans », a-t-elle ironisé… De son côté, Penelope Cruz a confirmé qu’elle avait été payée autant que son mari et partenaire de scène Javier Bardem dans leur dernier film Everybody knows d’Asghar Farhadi. L’acteur s’est quant à lui fait remarquer à Cannes en envoyant bouler un journaliste qui a osé lui demander : « Comment ça fait d’être le seul homme au monde qui aime travailler avec sa femme ? ». Question sexiste à laquelle l’acteur a répondu : « C’est une question de très mauvais goût », sous les applaudissements timides de quelques personnes dans la salle.

Montée des marches 100 % féminine à Cannes le 12 mai 2018 © Belga Image / Franck Castel

Ce samedi, les femmes étaient d’ailleurs à l’honneur sur la Croisette où s’est déroulée une montée des marches 100 % féminine. Réalisatrices, actrices, monteuses, productrices, décoratrices, etc. : elles étaient quatre-vingt-deux à demander l’égalité salariale dans le cinéma. « Nous mettons au défi nos gouvernements et nos pouvoirs publics d’appliquer les lois sur l’égalité salariale », a déclaré la réalisatrice française Agnès Varda aux côtés de la star Cate Blanchett. « Les femmes ne sont pas minoritaires dans le monde, et pourtant, notre industrie dit le contraire ». Les deux femmes ont judicieusement rappelé que 82 est le nombre de femmes retenues en compétition pour la Palme d’or par le Festival depuis sa première édition en 1946, contre 1688 hommes. 

Depuis sa création, le Festival a décerné la Palme d’or à 71 réalisateurs et… une seule réalisatrice : Jane Campion en 1993 pour La Leçon de piano. Agnès Varda a quant à elle reçu la Palme d’honneur en 2015.

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