Hedy Lamarr, l’actrice qui inventait des systèmes de décodage

Icône suprême du glamour hollywoodien des années 40, l'actrice avait publié une autobiographie - controversée - Ecstasy And Me. Elle est enfin traduite en français.

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Moins connue mais plus belle qu’Elizabeth Taylor (c’est dire), moins célèbre mais plus frondeuse qu’Ava Gardner (qui n’était déjà pas la plus calme), Hedy Lamarr est un objet de désir qui fait l’objet d’un culte surpuissant chez les vrais connaisseurs de glamour. Née en Autriche où elle tourne, à 16 ans, Exstase – un film où elle apparaît nue et en gros plan en train de simuler un orgasme, Hedy Lamarr traînera longtemps cette image de fille scandaleuse qui met le feu à la morale des années 30 (le film est sorti en 1933 et se fait déchiqueter aux Etats-Unis où on tente de l’interdire.) Installée à Hollywood où elle signe un contrat avec Louis B. Mayer, l’actrice se soumet à l’implaccable loi des studios et laisse le service de publicité lui façonner une image d’ingénue au maintien et au look sexuellement chargés.

Enfin traduit en français, son autobiographie – Ecstasy And Me, parue en 1966 – relate ses aventures amoureuses, sexuelles et bisexuelles – ses mariages et ses divorces (six au total), insistant sur des périodes de sa vie qu’elle romance comme dans les meilleurs pulp fictions. Mariée en Autriche à un riche industriel, vendeur d’armes, elle organisera sa fuite rocambolesque du foyer familial où elle décrit une vie surveillée de séquestrée. Elle en profitera pour bien écouter toutes les conversations qui se tiennent lors de dîners que son époux préside à un moment où le nazisme s’invite à table…

Le livre décrit une industrie du cinéma où les leviers de la domination masculine fonctionnent à plein régime, préparant le terrain à la culture du viol façon Weinstein. Entre les lignes, on lit les abus dont sont victimes les actrices qui doivent affronter d’odieux marchés autour de leurs faveurs sexuelles. Malheureusement, focalisée sur sa vie de vamp du cinéma, Hedy Lamarr oublie d’évoquer son travail d’inventrice… La postface du traducteur corrige le tir, précisant que cette femme – symbole ultime de superficialité et donc, pour certains, d’inutilité – a mis au point un système de décodage des ondes dont l’application la plus proche de nous est le wi-fi! Cette partie de son existence est en revanche au centre d’un documentaire qui commence à circuler (dans les festivals et sur Internet) – Bombschell d’Alexandra Dean. A voir

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