Veence Hanao avec Le Motel, urgent et inespéré

Disparu des radars en raison de problèmes auditifs, le poète rappeur revient en tandem avec Le Motel. Ils seront en concert au Nuits Botanique ce mercredi 2 mai. 

Veence Hanao ©Merlin Meuris

Septembre 2014. Alors que son deuxième album solo “Loweina Laurae” lui ouvre les portes de la France, Veence Hanao annonce, la mort dans l’âme, qu’il jette l’éponge, quitte le ring hip-hop et arrête de balancer ses punchlines en raison de problèmes auditifs récurrents (surdité, acouphènes, hyper-acousie…). La Belgique perd l’une de ses plus belles plumes qui se réveillera toutefois sporadiquement pour d’autres (Jali, Antoine Chance ou le tube La loi de Murphy d’Angèle). Et puis, le miracle survient en ce mois d’avril 2018. Si l’une de ses oreilles est définitivement perdue, le Bruxellois a retrouvé la voix, la foi et publie à l’arrache un nouvel album, “Bodie” avec Le Motel.

“Voici un an et demi, Fabien Leclercq (Le Motel – NDLR) m’a envoyé un instrumental en me disant que ça lui faisait penser à mes débuts. J’étais seul chez moi, j’ai pris une feuille de papier. J’ai écrit une chanson en une nuit. En un jet. Spontané et brut. Un truc de fou comme si le son du Motel avait réenclenché en moi tout le processus de création. Je lui ai renvoyé le morceau en lui demandant d’autres instrus et nous avons bouclé très rapidement ce disque.”

Servi admirablement par les beats moites et les ambiances cinématographiques de Fabien Leclercq, Veence Hanao rappelle avec “Bodie” tout ce qu’on a aimé sur ses disques précédents “Saint-Idesbald” et “Loweina Laurae”. Toujours à la frontière du slam et de la chanson, Hanao casse les codes et impose sa propre grille lexicale. Dans une relation d’amour/haine assumée, la ville est synonyme chez lui de jungle, d’asphalte, de sinistrose, de parking de cité, mais aussi d’espace de liberté et de rencontres. “J’adore me promener dans la ville de nuit après une grosse pluie. Je trouve ça beau. Tu vois la  solitude, la tristesse mais aussi la vie comme tu ne la soupçonnes pas. Marcher seul et se perdre volontairement dans les rues, c’est aussi une manière de se parler à soi et de mieux se connaître. C’est comme ça que naissent la plupart de mes chansons.”  En contre-pied de ce spleen, Hanao pratique aussi l’humour sur l’excellent Les moineaux et, avec Mélusine, écrit pour la première fois une chanson d’amour qui se termine bien. “C’est la relation sentimentale que je vis actuellement.” Veence est de retour avec un grand disque. Il est heureux et “in love”. Que de bonnes nouvelles.

Le 2 mai, Nuits Botanique, Grand Salon De Concert!.
Le 17 juillet, Dour Festival. 

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