Blanche impressionne pour ses débuts scéniques

Accompagnée de deux musiciens de Girls In Hawaii, la chanteuse bruxelloise a dévoilé ses nouvelles chansons dans une Rotonde sous le charme. L’Eurovision est loin, l’avenir lui appartient. Résumé d'une belle Nuit Blanche.

blanche Bart Savels 9

Au café du commerce, il y a deux réflexions qu’on entend régulièrement à propos d’Ellie Delvaux. Vu de Flandre, où elle a remporté en janvier dernier deux Mia’s (équivalents des Victoires), la jeune Bruxelloise est considérée comme la Lana Del Rey de demain. En Wallonie, elle reste encore pour de nombreux observateurs de notre scène musicale « l’ex-candidate de The Voice qui a chanté à l’Eurovision », avec tout ce que cela peut sous-entendre de péjoratif. Et nous caricaturons à peine. Ce vendredi, dans une Rotonde archi-complète, Blanche a balayé avec une classe folle un a priori encombrant et a, par contre, justifié une comparaison flatteuse. 

Pop moderne

Oui, autant l’écrire tout de suite. La Blanche que nous avons vue ce 27 avril 2018 aux Nuits Botanique lors de son premier concert live officiel n’a quasi plus rien à voir avec la Blanche qui hissait City Lights à la quatrième place du Concours Eurovision de la Chanson voici un an. L’adolescente est devenue une jeune femme qui sait très bien où elle veut aller. City Lights fait bien sûr partie de son répertoire. Elle la chante en début de concert, sans tralala et sans s’y attarder. Ce qu’elle met désormais en avant du haut de ses dix-huit ans, c’est un univers pop moderne empreint de mystère, porté par une voix impressionnante et sublimé par deux musiciens expérimentés : le claviériste/guitariste François Gustin et le batteur Bryan Hayart, membres de Girls In Hawaii. Et ça en jette… 

Tout dans la voix

Co-écrites pour la plupart d’entre-elles avec Pierre Dumoulin (leader du groupe liégeois Roscoe déjà auteur de City Lights), les nouvelles chansons de Blanche voguent entre ballades atmosphériques et refrains mid-tempo. Ellie Delvaux prend le parti de présenter ses morceaux en anglais. C’est un signe. Elle parle peu, bouge peu et reste elle-même. Timide, réservée. C’est son style et il a le mérite d’être naturel. Chez elle, tout est dans la voix. Tout est dans l’interprétation. Tout est dans la musique. Dès les premières notes d’Empires, elle est dans sa bulle et n’en sort plus pendant cinquante minutes. Les chansons s’enchaînent comme les perles sur un collier. Soon, What about, Stubborn, Pain, Moments, Curse… Seule reprise du concert, le magnifique Youth emprunté au groupe indé anglais Daughter se glisse parfaitement dans une setlist de haut vol. « If you a are still breathing, you’re the lucky ones », chante-t-elle sur le refrain. Joli.

Single fin mai

Parfumées de glamour, de sonorités organiques et de nappes synthétiques, ses compositions pourraient nourrir le soundtrack de la saison 3 de Stranger Things ou celui du prochain David Lynch. Soit des mélodies mélancoliques qui réussissent à être belles sans être tristes, et sonner moderne sans chercher la mode à tout prix. Placée judicieusement en fin de concert, Wrong Turn s’impose comme un tout gros single à venir (fin mai). Pour l’album, il faudra être plus patient.
 

Blanche se produit aux Francofolies de Spa le 22 juillet.
Photo Bert Savels

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