A quoi ressemble l’amateur belge de concerts ?

Initiée par l’Ancienne Belgique et réalisée par l’institut GfK, une étude dresse le profil du spectateur et bat en brèche quelques a priori.  

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Ces derniers mois, l’Ancienne Belgique et l’institut d’enquête GfK ont sondé quelque 4.500 Belges afin de déterminer leurs habitudes en matière de fréquentation de salles de concerts. Une enquête qualitative plus approfondie a été menée sur 450 personnes.  L’enseignement principal de cette étude réside dans la diversité des publics. Explications

Un Belge sur deux

49% des sondés se sont rendus dans une salle de concert au cours des deux années dernières années. Une personne sur dix (9%) assiste à au moins un concert par mois et près de quatre sur dix s’y rendent « plusieurs fois par an ».

Pas que les jeunes

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’âge moyen du spectateur est quasi le même que l’âge moyen de la population. Plus de 21% des spectateurs de concerts ont soixante ans et plus. C’est à peine 2% de plus que la tranche 19-30 ans. 30% du public fréquentant les salles est âgé entre 43 et 30 ans.

Mixité

52% des spectateurs de concerts belges sont… des spectatrices. Et 58% sont des néerlandophones, contre 42% des francophones. Même si l’étude n’y fait pas allusion, le pouvoir d’achat et le budget consacré aux loisirs y sont pour quelque chose dans cette comparaison linguistique. Notons qu’à l’Ancienne Belgique, salle dépendant de la Communauté flamande située à Bruxelles, 46% des spectateurs sont francophones.  Ils ne représentaient que 40% des visiteurs voici cinq ans.

134 euros par an

Les Belges qui assistent à des concerts consacrent un budget moyen annuel de 168 euros pour assouvir leur passion de musique live. A l’AB, ce budget grimpe à 168 euros.

Le top 3 des salles

Plus grosse jauge du pays en matière de concerts, le Sportpaleis est fort logiquement la salle la plus fréquentée des sondés. Forest National  et l’Ancienne Belgique (d’une capacité de 2000 personnes mais à l’agenda bien rempli) complètent le podium.

Comment le streaming a sauvé l’industrie musicale

Si le secteur du live se porte bien chez nous, que dire alors du marché du streaming. Pour la toute première fois de l’histoire, celui-ci a même dépassé les revenus des ventes physiques de disques (-5,4% en 2017, ce comprenant les vinyles, malgré une hausse de 22,3% de la vente de ces derniers). Décriées à leurs débuts, des plateformes comme Spotify, Apple Music ou Deezer ont réussi le tour de force de remonétiser la musique dans l’esprit du grand public. Disponibles gratuitement en un clic depuis l’avènement d’Internet, les morceaux s’échangeaient alors presque librement. Rebrousser chemin face à ce « tout gratuit » semblait impensable. D’autant que le juteux gâteaux de l’industrie du disque était passé d’un poids de plus de 25 milliards en 1999 -son pic- à 14 milliards en 2014. Une évaporation de 11 milliards, soit 40% en 15 ans. 

A ce rythme-là, il était difficile d’envisager une issue positive à un désastre qui semblait inexorable. Un naufrage annoncé, qui s’est enrayé grâce au streaming. Mieux, le marché de la musique remonte doucement la pente. Pour la troisième année consécutive, son chiffre d’affaire mondial a progressé. En 2017, il a même atteint 17,3 milliards de dollars. Mieux, quelque 176 millions de personnes dans le monde ont payé pour des abonnements à des services comme Spotify ou Apple Music. Une jolie progression qui redonne de l’espoir dans le futur de l’industrie musicale. Il ne reste plus qu’à trouver un modèle économique viable pour les artistes, qui pour le moment ne sont rémunérés qu’au lance-pierre. Seuls les têtes d’affiche, qui vendent des millions d’albums, comme Drake, Ed Sheeran ou Beyoncé y trouvent réellement leur compte.

Marie Frankinet  et Luc Lorfèvre

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