Mélissa Laveaux met du soleil dans Les Nuits

Partie à la quête de ses origines haïtiennes, la chanteuse canadienne a illuminé cette seconde soirée du festival bruxellois avec des mélodies chaloupées et cosmopolites. Entre soul, blues, musique créole et sortilèges vaudous, il y en a pour tous les goûts. 

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Confortablement installé sur le velours du Grand Salon, le public des Nuits Botanique accueillait ce jeudi la voix délicieusement écorchée de Mélissa Laveaux. Née au Canada, exilée à Paris, la chanteuse s’est récemment lancée sur la trace de ses ancêtres pour broder les chansons de l’album « Radyo Siwèl », véritable déclaration d’amour à Haïti. Comme personne ne pige le dialecte haïtien dans l’assemblée, Mélissa Laveaux introduit tous ses morceaux par une petite explication et quelques digressions. Si on perd parfois le fil de ses histoires, sa communication avec le public est géniale. Ici, tout le monde a l’impression de passer du bon temps avec une vielle copine. Révélation du printemps, l’artiste célèbre la culture créole sur des airs soul, blues ou rock’n’roll. Rayon de soleil dans la programmation des Nuits, cette musique convie traditions ancestrales et esprits vaudous, mélodies modernes et mélancolie universelle. De retour chez nous le dimanche 5 août, Mélissa Laveaux sera incontestablement une des sensations du festival Esperanzah! 

Le bon rap de Loud

Plus tôt dans la soirée, alors que certains attendaient encore leur premier rafraîchissement dans la file du bar, Loud servait déjà l’apéro du côté de l’Orangerie. Venu du Québec avec l’accent du coin et des punchlines du terroir, le rappeur canadien a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui. Le flow campé entre deux néons en forme de branches de laurier, l’ambassadeur de la feuille d’érable déroule ses textes en franglais. Et ça le fait. Là où le mélange des langues pourrait ressembler à un mauvais sketch chez les autres, Loud parvient à renouveler le rap francophone avec un point de vue typiquement nord-américain. Venu avec son DJ, le garçon balance du gros son (56 K, Le pont de la rivière Kwaï) et débite les hits de son premier album (« Une année record ») sans temps mort. Sur le coup de 20h30, tout le public entonne d’ailleurs le refrain ultra fédérateur de Devenir immortel (et puis mourir). Balancé à plus de 5.000 kilomètres de son point de départ, le morceau a traversé l’Atlantique en un temps record… Pour acheminer les hits en ligne directe et sans escale, YouTube reste donc bien la compagnie la plus sûre du monde. D’ici le vendredi 13 juillet et un nouveau concert annoncé dans Le Labo du Dour Festival, la popularité de Loud va encore gonfler. Au point de devenir énorme. Vous êtes prévenus.

Blackwave: nouvelle vague

À la Rotonde, blackwave. diffuse des bonnes ondes en flux continu. Star en Flandre, le groupe a clairement les moyens de viser une jauge beaucoup plus grande. Pour le coup, le public – principalement néerlandophone – rassemblé sous la boule-à-facettes des Nuits a réellement l’impression de vivre aux rythmes d’un show exclusif. Aux avant-postes, fringués comme des Boyz II Men, Jean Atohoun et Willem Ardui donnent de la voix. Les deux emcee’s anversois rêvent le rap sous les palmiers californiens. Recette oldschool et flows millimétrés, les mecs la jouent soul, jazz, simple et funky. Entourés d’excellents musiciens, les deux garçons ravivent les bons souvenirs avec le sourire. De La Soul, A Tribe Called Quest ou Digable Planets ont donné d’excellentes idées à blackwave. Tout bon. 

Photo: copyright Tim Huybrechts

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