Foxtrot : magistral drame antimilitariste israélien

Lion d’argent à la dernière Mostra de Venise, Foxtrot fait polémique en Israël.

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« Foxtrot », c’est le nom d’une danse apparue dans l’entre-deux-guerres, c’est aussi le nom de code d’une escouade de jeunes soldats israëliens postés à un checkpoint à la frontière palestinienne. Lorsque l’un d’eux est annoncé comme mort à ses parents, la famille du jeune homme se fracture. Hanté par la culpabilité du conflit israëlo-palestinien, le réalisateur Samuel Maoz (qui a lui-même vécu une partie de la guerre du Liban, racontée dans son premier long-métrage Lebanon, entièrement tourné dans un tank et Lion d’or à la Mostra 2009) livre un film puissant, influencé par le cinéma existentiel d’Ingmar Bergman ou Andrei Tarkovsky. 

Conçu en plusieurs moments ultra cadrés (le trauma refoulé du père – superbe Lior Ashkenazy, star dans son pays – celui du fils isolé à la frontière palestienienne, puis celui du couple parental mélancolique), entrecoupés de visions cauchemardesques et surréalistes (le chameau sur la route, le plancher mouvant et se gorgeant de sang), le film se déploie jusqu’au drame final, absurde. Condamné par la ministre de la culture israëlienne, le film dénonce les multiples traumas de la guerre en cherchant pas à pas la distance qui sépare l’homme de l’assassin, et dresse au passage un portrait fracturé de la société israëlienne. – J.G

 

Drame 

Foxtrot

Réalisé par Samuel Maoz. Avec Lior Ashkenazy, Sarah Adler – 113’

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