Jean-Paul Didierlaurent livre « La fissure », aventure comico-existentielle

Il revient sur terre après un best-seller inattendu. 

La fissure, aventure comico-existentielle ©Prod

Sorti de nulle part, Jean-Paul Didierlaurent (56 ans) a connu cet extrême bonheur de voir son livre – Le liseur du 6h27, paru parmi mille autres – attirer du monde au balcon. Pensé pendant dix ans, écrit en trois mois, vendu dans vingt-cinq pays, le roman (les lectures à voix haute d’un navetteur dans le RER)  impose une écriture du sourire qu’on retrouve dans La fissure. “Après un succès, on a tendance à se poser des questions sur ce que les lecteurs attendent, explique ce grand fan de Stephen King. J’ai pu éviter le piège en écrivant égoïstement le livre que j’avais envie de lire.

Délire comico-existentiel, à travers lequel Didierlaurent ne se refuse rien, La fissure décrit le lâcher prise d’un homme dont la vie ridicule réside déjà dans le métier (représentant de commerce en nains de jardin). Surpris par lui-même, Xavier se laisse envahir par l’angoisse devant la fissure qui traverse la façade de sa maison. Un point de départ autobiographique… 

“Il y a vingt-cinq ans, quand j’ai acheté ma maison, il y avait des fissures sur les murs, explique le romancier. Elles me perturbaient et me travaillaient. Une fois ces fissures colmatées, je me suis senti mieux. Ça m’a donné l’idée du personnage qui va bien plus loin que moi en observant la fissure sur son mur. Il regarde la vie à travers cette fissure et voit la réalité des choses qui va le pousser à fuir…” Là s’arrête le fait réel, Didierlaurent – contrairement à son héros – n’ayant jamais tenu une seule conversation avec un seul nain de jardin. “Ce nain de jardin, c’est son Sancho Panza, son Jiminy Cricket. Quant à parler à un nain de jardin, je n’en suis pas là, mais ça pourrait arriver.” Qu’on se le dise.

La fissure – Jean-Paul Didierlaurent – Au diable vauvert, 328 p.

La fissure, aventure comico-existentielle ©Prod

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