Milos Forman quitte l’écran

Avec Vol au-dessus d’un nid de coucou et Hair, il participe au renouveau du cinéma hollywoodien. Avec Amadeus, il entre dans l’histoire. Il est mort hier. Il avait 86 ans.

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De ses années praguoises, on retient Les amours d’une blonde qui le fait connaître en 1965. Mais c’est exilé du bloc communiste – il est né en 1932 à Caslav dans l’ex-Tchécoslovaquie et quitte son pays en 1968 lors de la répression du Printemps de Prague – qu’il fait mûrir son regard et se détourne des sujets inspirés de son roman familial. Installé à Paris, puis à New York, Milos Forman met la critique et le public à ses pieds en 1975 grâce à Vol au-dessus d’un nid de coucou, adapté d’un roman de Ken Kesey – illustre figure de l’underground hippie. Dirigeant un Jack Nicholson splendide et ébouriffant d’énergie, il y inspecte les coulisses de la médecine psychiatrique et pointe le doigt sur la folie des gens supposés soigner les «  fous.»

Vol au-dessus d’un nid de coucous, classique aux bras chargés d’oscars (cinq) et de Golden Globes (six) place Forman au premier rang du nouveau cinéma américain aux côtés de Martin Scorsese, Francis Ford Coppola et Steven Spielberg. Toujours dans l’esprit social pop, il réalise une adaptation de Hair, comédie musicale archi célèbre et point de repère essentiel dans l’histoire de la contestation juvénile. Sorti en 1979, le film fait du bruit et annonce le cinéma des années 80…  

La musique continue de le guider – dans Ragtime (sur une partition signée Randy Newman) et dans Amadeus, choc électrique et double portrait hystérique de Mozart et de son rival Salieri. Phénomène de société, Amadeus fait courir les foules en 1984 et rafle huit oscars. En costumes, il y aura encore Valmont, film-événement inspiré des Liaisons dangereuses, mais qui marche sur l’adaptation déjà tirée  du même livre par Stephen Frears. Larry Flint (biopic sur le fondateur de Hustler, magazine porno soft concurrent de Playboy) et Man On The Moon (avec un Jim Carey hyper-touchant et la musique inoubliable de R.E.M.) ponctuent encore un quasi sans fautes, une œuvre définitivement entrée au panthéon du cinéma hollywoodien.

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