Croyances, légendes et superstitions du projet aryen

Le duo spécialisé dans la fabrication de thrillers ésotériques inaugure une nouvelle trilogie dont le premier épisode - Le triomphe des ténèbres - plonge au coeur de l'entreprise ésotérique piloté, en coulisses, par les huiles du Troisième Reich.

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Les titres de leurs romans donnent le ton. Le rituel de l’ombre, Le septième templier, Le temple noir, Le règne des Illuminati (gros gros succès), L’empire du Graal, Conspiration – et ainsi de suite… Eric Giacometti et Jacques Ravenne, entité à quatre mains et deux cerveaux chauds, se sont spécialisés dans le thriller ésotérique avec gros penchant pour l’univers de la Franc-maçonnerie – tous les titres cités ci-dessus entrant dans une série mettant en scène Antoine Marcas, flic et frère. Leurs livres mixent détails insolites de l’histoire, roman des religions, fascination mystique, voire petits plaisirs conspirationnistes. Le but? Produire une littérature de divertissement dont les mécanismes de narration empruntent à la série télé et à la BD (Giacometti est, du reste, le dernier scénariste engagé sur Largo Winch).

Délaissant un instant leur personnage vedette et les couloirs de la loge (encore que… pas tout à fait, on ne se refait pas), le duo envoie du lourd avec une nouvelle trilogie au titre ombrageux  – Soleil noir – dont le premier épisode – Le triomphe des ténèbres – vient de paraître. Un suspens qui évolue (classique) par cercles concentriques et suit les aventures de SS bien illuminés dans leur quête virile et pseudo-intellectuelle de symboles anciens rappelant l’idéologie nazie.

L’histoire commence à Berlin en 1938 par le vol d’un ouvrage précieux dont le contenu aurait forgé les théories d’Hitler sur la race aryenne. Elle se poursut par le saccage d’un monastère espagnol durant lequel Tristan, engagé auprès de communistes très remontés, emporte une toile. La composition de ce tableau renferme une énigme qui renverra tout le monde – Résistants français, alliés espagnols, archéologues allemands et officiers nazis – au château de Montségur en terre cathare, lieu d’un massacre d’hérétiques au XIIIe siècle dont les tréfonds renferment une supposée relique aryenne…

Entre Indiana Jones et Da Vinci Code, Le triomphe des ténèbres est construit avec les ingrédients usuels du polar ésotérique, enchaînant rebondissements, cliffhangers et leçons d’histoire sur la dimension mystique du projet d’Hitler – son lyrisme paranoïaque, sa croyance aux légendes anciennes et son goût pour l’astrologie dans l’art de faire la guerre. On ne trouvera ici que ce que les auteurs ont bien voulu y déposer: du suspens, des références historiques (auxquelles il faut bien faire confiance) et tous les éléments pour un pur moment de détente.

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