Noel Gallagher à Forest National: réglo, trop réglo

Un mois après Liam, l’aîné de la fratrie britpop jouait à Bruxelles ce vendredi. On vous raconte.

Noel Gallagher copyright Benoît Bouchez.jpg

Après le concert cinq étoiles (et complet) de son frangin à l’Ancienne Belgique le 7 mars dernier, c’était au tour de  Noel Gallagher de poser ses amplis Marshall à Bruxelles ce vendredii. Plutôt que la vénérable salle du boulevard Anspach, il a choisi Forest National en formule club, soit une capacité –non atteinte- de quelque 4.000 places , des rideaux rouges fatigués qui cachent les tribunes du haut , la moitié des bars fermés et un étrange sentiment de fin de règne qui a plané tout au long de la soirée. Ajoutez les vacances de Pâques, la météo enfin clémente, l’appel tentant des bars avec terrasses du centre-ville et  vous comprendrez pourquoi l’âme inspiratrice d’Oasis n’a pas rameuté plus de monde.

Groupe pléthorique

Ce vendredi, le garçon va attendre exactement quarante-trois minutes de concert avant de dire « Good Evening » à son public. Yep. Liam était plus bavard à l’A.B. Plus rock and roll attitude aussi.  Son frère aîné est un grand compositeur, un bon chanteur mais n’a aucune qualité d’entertainer. Musicalement, par contre, ça commence bien. Sa première partie de setlist suit exactement l’ordre des morceaux  de  son dernier album « Who Built The Moon? » paru l’automne dernier. Fort Knox, Holy Mountain, Keep On Reaching, It’s a Beautiful World… Son groupe High Flying Birds est pléthorique. Des mecs, trois filles, des cuivres, deux claviers, du tambourin, des chœurs…. Ce qu’on gagne en nuances dans les oreilles, on le perd en urgence, les chansons ne s’enchaînant pas assez rapidement. Père Noel tient la boutique, lance un clin d’œil là ses troupes lorsqu’elles doivent accélérer le tempo ou sortir du cadre. Mais tout ça sent la routine.

All You Need is Love

Pour les reprises attendues d’Oasis, les fans ont droit à des versions différentes. Un Wonderwall et un Supersonic acoustiques. Le toujours fédérateur Don’t Look Back In Anger en version slow motion dans sa première moitié et aussi quelques pépites moins connues qui font plaisir comme Little By Little ou Half The World Away.  Si les plages extraites de « Who Built The Moon? » montrent que Noel sort de sa zone de confort (cf. les parfums psyché seventies d’It’s a Beautiful World et She Taught Me How To Fly), il n’oublie pas non plus de rappeller son amour des Beatles (formidable cover de All You Need Is Love en clôture du show) et son art de la concision pop sur l’émouvante If I Had a Gun exhumé de son tout premier album solo.

De retour à Werchter

 A Rock Werchter, où il se produit le dimanche 8 juillet, Noel devra jouer la montre: soixante minutes et pas une de plus. Son set devrait dès lors gagner en intensité.  Pour rappel, Liam, lui, revient à Forest National le 21 novembre.  Qui sait, Noel lui a peut-être laissé un petit mot dans la loge du genre : « Salut frangin, on s’est bien amusé avec nos disques solo et on a fait rigoler tout le monde avec nos vannes à la con. Maintenant il est temps de revenir aux choses sérieuses. Cette reformation d’Oasis, on la fait ou pas en 2019 ? »

Photo: Benoît Bouchez
 

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