Pourquoi Jacques Higelin va nous manquer

Héritier du rock rebelle et de Charles Trénet, le chanteur nous a quittés ce vendredi à l’âge de 77 ans.

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Comme Bruce Springsteen, ses concerts pouvaient durer plus de quatre heures. Comme Prince, il était multi-instrumentiste et tombait parfois à la mégalomanie (ses triple albums live, ses résidences à Bercy dans les années 80). Comme son idole Trénet, il pouvait enchaîner avec le même enthousiasme des chansons légères (Hold Tight, Tombé du Ciel) et des refrains d’une poésie profonde (Pars, Je ne peux plus dire je t’aime). Comme Brigitte Fontaine qu’il a longtemps côtoyée,  il mariait dans son œuvre réalisme, onirisme de l’absurde et provoc’ dans un style qui fait souvent défaut dans la chanson aujourd’hui. Oui, c’est un grand monsieur qui nous a quittés ce matin.

Pars

Père de trois enfants artistes (la chanteuse Izia, le chanteur Arthur H, le réalisateur Kên Higelin), Jacques Higelin est décédé à Paris à l’âge de 77 ans. C’est sa famille qui a annoncé la triste nouvelle via un communiqué envoyé aux agences de presse. Entre 1965 (12 chansons d’avant le déluge) et 2016 (son dernier enregistrement Higelin 75, pour son 75e anniversaire), ce fils d’un père alsacien et d’une maman belge laisse derrière lui une vingtaine d’albums studio, de nombreux enregistrements publics et des chansons qui n’ont pas attendu  son décès pour faire partie du panthéon. On pense à Pars, qui sera reprises par Grace Jones, Champagne, Je ne peux plus dire je t’aime, Tombé du ciel, Mona-Lisa Klaxon, Cigarette, Je veux cette fille, Lettre à la p’tite amie de l’ennemi public n°1, Tête en l’air ou encore Paris-New, New-York – Paris dont les versions live pouvaient s’étendre parfois jusqu’à vingt minutes.

Théâtre et cinéma

Higelin était aussi monté sur les planches au début de sa carrière, jouant notamment aux côtés de Brigitte Fontaine et de Rufus dans Maman j’ai peur en 1996. Au cinéma, dans une filmographie inégale, on retiendra sa participation à Bébert et L’omnibus d’Yves Robert en 1963, Elle court elle court la banlieue aux côtés de Marthe Keller en 1973 et, dix ans plus tard, Un homme à la mer de Jacques Doillon.

Higelin 75

Salué unanimement dans la presse, son dernier album Higelin 75 était sorti en octobre 2016 en même temps qu’un recueil de textes inédits, Flâner entre les intervalles (éditions Pauvert). Dans ses dernières compositions, Higelin se montrait très sombre et plutôt pessimiste sur l’état du monde, notamment dans les chansons L’emploi du temps, Le monde est fou ou encore A feu et à sang, longue plage de 21 minutes en forme de «work in progress » traversée de la guitare électrique de Rodolphe Burger.

Cinq albums de Jacques Higelin à redécouvrir

Alertez les bébés ! (1976)
Champagne pour tout le monde… (1979)
… Caviar pour les autres (1979)
Tombé du Ciel (1988)
Aux héros de la voltige (1994)

Et un live…

Higelin A Mogador (triple, 1981)

 

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