Ready Player One : Spielberg explore la réalité virtuelle

Le papa de E.T. et Indiana Jones revisite ses propres références en mode réalité virtuelle - et nous a laissés mitigés.

spielberg

 

Il y a toujours eu deux Spielberg. Celui du soldat Ryan, de la liste de Schindler ou de Munich. Et celui de Jurassic Park, des Dents de la Mer et désormais de Ready Player One, qui s’inscrit dans sa longue liste de films d’aventures populaires. En adaptant le roman de science-fiction à succès d’Ernest Cline, qui nous plonge dans l’Oasis, un univers où une réalité virtuelle truffée de surprises est devenue le mode de vie principal de millions de personnes, le réalisateur livre un récit futuriste qui lui permet surtout de jeter un oeil nostalgique sur son passé. Car dans l’Oasis, tout est possible. Chaque utilisateur, au fin fond de son bidonville 2.0, peut incarner n’importe quel personnage, et faire face à des légendes de la pop culture comme la poupée tueuse Chucky, le géant de fer (tiré du dessin animé éponyme de Brad Bird) ou encore Batman. Mais malgré une maîtrise visuelle rarement égalée (Spielberg s’amuse avec la caméra comme il le faisait dans l’univers 3D de son Tintin), il y a une vision de la pop culture qui laisse à désirer. Dans une époque où des logos sur un t-shirt ou un mug ont presque plus de valeur qu’une réplique ou une anecdote de tournage, Ready Player One enchaîne les références jusqu’à l’écoeurement, et peine à justifier les motivations des personnages, perdus dans un univers en 3D qui vieillira très mal. On aurait aimé plus de considération dans les citations, plutôt que de les utiliser comme bouche-trous d’un scénario faiblard. King Kong, le T-Rex de Jurassic Park ou la DeLorean de Retour vers le Futur sont certes des jolies madeleines de Proust. Mais on ose espérer que l’héritage de Spielberg (et du cinéma des années 80/90 de manière générale) ne se limitera pas à des symboles tout juste bons à remplir un album d’autocollants Panini. 

Genre : Science-fiction

J Ready Player One

Réalisé par Steven Spielberg avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn – 140’

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