Seule la terre, un Brokeback Mountain version british maîtrisé

C’est la nouvelle révélation du cinéma LGBT indépendant.

Seule la Terre ©prod

Primé à Sundance et aux British Independent Awards, le premier film de Francis Lee vous saisit dans la boue des pâturages et la brume des collines du Yorkshire, pour raconter l’amour vigoureux qui va unir deux jeunes hommes aux caractères frontaux. D’un côté, Johnny (éblouissant Josh O’Connor), jeune fermier taiseux qui accumule les aventures sexuelles dans les toilettes des foires agricoles, et de l’autre Gheorge (Alec Secareanu), doux manœuvre roumain qui a fui les Balkans pour louer ses bras dans des fermes d’Europe occidentale.

“Mon père élevait des moutons, j’ai grandi dans ces paysages du Yorkshire et j’y vis encore aujourd’hui, note Francis Lee. J’ai voulu montrer les deux aspects de cette vie, à la fois très créative mais aussi brutale et solitaire.” Mais contrairement aux héros de Brokeback Mountain (chef-d’œuvre hollywoodien d’Ang Lee sur les cow-boys amoureux), Johnny et Gheorge sont à l’aise avec leur homosexualité et ne sont pas confrontés à l’homophobie. Le vrai enjeu du film, c’est la difficulté de tomber amoureux et de s’ouvrir émotionnellement. “J’ai évidemment une dette envers Brokeback Mountain – mais mon film parle plus de l’isolement contemporain, de la retenue des émotions et de comment l’honnêteté dans l’amour peut transformer votre monde” poursuit Lee. Entre la tonte des brebis, les tours de moto et les bai-gnades sexy dans l’eau glacée, les paysages – comme les personnages – renaissent sous nos yeux à la beauté du monde. C’est parfois simple en fait d’aimer. 

Seule la terre. Réalisé par Francis Lee. Avec  Josh O’Connor, Alec Secareanu – 104’.

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