Feu! Chatterton prend de l’altitude avec « L’oiseleur »

Leur deuxième album est transcendé par l’écriture poétique d’Arthur Teboul. Ils seront sous chapiteau le dimanche 29 avril dans le cadre des Nuits Botanique. 

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Un premier disque salué par la critique et acheté par le public. Une tournée à rallonge qui dépasse les deux cents concerts. Une pression énorme à l’heure d’envisager la suite. Et pourtant. Trois ans après “Ici le jour (a tout enseveli)”, les cinq membres de Feu! Chatterton décrochent avec “L’oiseleur” la mention “grande distinction” dans l’épreuve toujours difficile du “deuxième album”.

Nous étions étudiants quand nous avons enregistré nos premières chansons. On sortait des trucs de notre chapeau sans trop savoir comment nous avions fait. C’est sur la route que nous avons appris à être musiciens. Notre passion est devenue notre métier. C’est génial, mais nous avons dû aussi élever notre niveau”, résument-ils. En treize chansons conçues entre une maison perdue dans les Landes et son home studio parisien, le quintette prend de l’altitude et élargit les horizons. Sans réelle comparaison en France, leur rock poétique se voit traversé de guitares seventies flamboyantes (Grace), de hip-hop minimaliste (L’ivresse) et d’électro expérimentale (Je ne te vois plus, Anna). Avec, côté textes, des thèmes récurrents (la mort, la solitude, le souvenir, le rapport à la mémoire) qui montrent finalement que Feu! Chatterton a gardé ses sens en éveil.

Le tendre passé qui nous hante/croît comme un jardin vivant. De nos amours anciennes/que le volcan s’éveille/que Grace se réveille”, chante le charismatique Arthur Teboul dans Grace, complainte onirique qui a servi de catalyseur à “L’oiseleur”. “Quand nous nous sommes retrouvés pour écrire et composer, nous avons voulu cultiver notre propre jardin. Cet album, c’est une forme de résistance au monde extérieur et à cette notion de vitesse qui régit les comportements. Au-delà de nos affinités musicales, le fait de vivre ensemble sur la route nous a permis de nous rendre compte que nous partagions plein de choses. Comme si nos vies résonnaient les unes avec les autres.”  Sans former pour autant un disque concept, les chansons de “L’oiseleur” forment une trame où le spleen se mêle à la résignation. Tout y tourne autour de la notion d’absence. “Mais c’est une variation lumineuse. Vivre sans l’Autre permet de voir les choses autrement”, assure Arthur Teboul. Déjà le grand disque de rock français de l’année.

Feu! Chatterton. L’oiseleur. Universal

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