La Comic Con, triomphe de la culture geek et business rentable

Soldout à 90 % avant même d'avoir démarré, la troisième Comic Con de Bruxelles s'est tenue ce weekend. Avec un franc succès. 

Comic Con Bruxelles Olivier Pirard

Cette année, la Comic Con remplissait quatre Palais de Tour & Taxis. Soit l’équivalent de la Foire du Livre. A la différence qu’ici, les entrées ne sont pas gratuites (20 € par personne, avec une réduction de 5 € en cas de déguisement) et que les dédicaces sont payantes. Pour faire signer son carnet par Anthony Daniels, l’acteur à l’intérieur de 6PO, il fallait débourser 40 €… ce que l’on comprend lorsqu’on voit le prix auquel, deux stands plus loin, se revendent les graboutchas de stars de la pop culture. Sacré business, donc que cette organisation américaine, à l’américaine.

Un billet de 50 € évaporé en une allée

La Comic Con, ce sont les rencontres avec les personnages cultes (enfin ceux qui ont pu venir à Bruxelles), des Youtubeurs, des jeux vidéos, des démonstrations de laser game, de casques de réalité virtuelle, des imprimantes 3D, des cours de sabre laser… Mais l’essentiel est ailleurs. L’essentiel, c’est: 1) le shopping, 2) les photos, 3) le cosplay. A n’en plus finir, des magasins proposent des peluches, t-shirts, figurines Funko, sacs, brols et bazars, le plus souvent made in China (même si l’on repère quelques artisans locaux, dessinateurs, créateurs de bijoux…). Du pur geek, d’ailleurs les mêmes qu’au salon Made in Asia, du Heysel. Pas un visiteur sans achat… On paie par carte, par App, des mini sacs à dos Star Wars à 50 boules, des figurines Dragon Ball à 30, ou une affiche Star Wars vintage originale à 550 € (regrets éternels).

Selfie land

Ensuite et surtout, on instagramme, on facebookise, bref on immortalise sa présence sur les lieux. Tout est d’ailleurs prévu pour les narcisses d’aujourd’hui: stands de make up geek gratuits, multiples coins photos mis en scène, entre grosses bébêtes tirées de Star Wars, maison de Walking Dead assaillie par deux zombies, décor Black Panther, statue de Hulk… Ça poste dans tous les coins!

Jon Snow, Harley Queen, Predator et Batman sur un même plateau

Et le droit à l’image cède au plaisir de se montrer. Partout dans les allées, des gens déguisés prennent la pause. Il y a les purs Cosplayers, aux costumes saisissants de perfection, souvent sexys ou spectaculaires. Puis il y a les Harley Quinn en satinette, les Belle en costume cheap, les inévitables Pikachu en onepiece, les Storm Troopers qui ont un peu forcé sur la tartiflette. Tout un petit monde qui pourrait faire sourire… Si, justement, il ne souriait pas autant. Les Cosplayers comme les quidams, ici, sont des Bisounours déguisés en humains. Ils sont contents d’être là, heureux de déambuler dans une autre peau que la leur, fiers de leur costume et des efforts fournis, beaux dans leur envie de partager leur imaginaire, de se retrouver, de surprendre et de s’immerger dans un monde de références communes. Pas de jalousies, tous s’admirent, se photographient, échangent des tuyaux pour créer des armes en latex. Ça parle anime, OAV, Zelda, Final Fantasy… Les Trekkies échangent des astuces maquillages avec les fans de Lucas. Batman admire un costume de Captain America, DC et Marvel réunis. Un fiston de 25 ans remet la cape de sa maman en place. Pendant quelques heures, la pop culture est redevenue ce qu’elle doit être: un pur divertissement populaire. Et finalement, c’est pas si cher payé.

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