L’acteur iconique de Paris, Texas renaît dans Lucky

Une « dramédie » existentielle inspirée de la vie d'Harry Dean Stanton.

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Comme si la boucle était enfin bouclée, Harry Dean Stanton est mort après le tournage de ce film, à l’âge de 91 ans. Pour beaucoup, il reste l’éternel cowboy errant du film de Wim Wenders (Paris, Texas, Palme d’or 1984). John Carroll Lynch (second rôle costaud à Hollywood, des frères Coen à Eastwood) passe ici derrière la caméra pour raconter l’histoire de Lucky, un vieux cowboy qui refuse de voir la mort venir. La malice du scénario (écrit à partir des rituels de vie de Stanton, du yoga matinal aux mots-croisés solitaires) réside dans la manière dont Lucky passe son temps à esquiver la mort, avec un désarmant panache. Le voici s’indignant de la disparition de la tortue domestique d’un ami (David Lynch, dans un réjouissant caméo), s’émouvant d’une rencontre fortuite avec un vétéran du Vietnam (Tom Skerritt) ou d’une dernière conversation avec une femme, jusqu’à l’acceptation finale qui prendra des airs plus symboliques que réalistes. Sur un air de Johnny Cash, le film renoue avec l’esthétique du cowboy (en Stetson et Santiags) tout en offrant la radiographie tendre d’une certaine Amérique, celles plus humbles.

Comédie dramatique. Lucky. Réalisé par John Carroll Lynch. Avec Harry Dean Stanton – 88’

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